Stone Soup de Jan Eliot – Ca me rappelle des souvenirs lol

Sans-titre-1– Désolée Maaadame, vous ne pouvez décemment pas allaiter votre bébé ici
– je ne peux pas?
– tenez
– Gardez la jusqu’à ce que j’ai fini mon repas.

ss100504interruption de la pause café
– C’est bon. J’ai appris à l’aimer froid

interruption de la communication
– qu’est ce que tu disais
– Je disais quelque chose?

interruption de cerveau
– Va au bout de ta pensée
– Je pensais?

Midnight in Paris

19702766.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110328_100216« Un monde sans Woody Allen ne serait pas supportable ». Ma foi, la personne qui a dit ça, et dont on m’a rapporté les paroles, n’avait pas tord ! Sa sinistrose, sa logorrhée, ses névroses, son humour tendre ou grinçant, tout fait mouche chez lui. Dans son œuvre, il y a les petits ou les grands films de Woody, mais il n’y a pas de mauvais Allen. Bon, maintenant que vous avez vu que j’étais totalement impartiale sur le sujet, je vais vous parler de Minuit à Paris. La première chose à savoir : même le plus brillant acteur–doubleur français ne peut rendre le charme de l’obstination à parler vite de pleins de choses de Woody Allen.

L’histoire du film : Gil, scénariste pour Hollywood, est un écrivain qui n’écrit pas. Son roman est en panne depuis des années, il ne sait pas comment le construire. Il part à Paris avec sa fiancée, Inez, jeune femme californienne pourrie gâtée par ses parents, très riches, qui ne tiennent pas en grande estime cet écrivaillon incapable d’accoucher de son livre. Sur place, ils croisent une ancienne connaissance d’Inez, Paul, professeur imbu de lui-même, dont elle est plus ou moins amoureuse, ce qui agace prodigieusement Gil, qui connait la fatuité de Paul. Gil a déjà vécu à Paris, et cherche à renouer avec ses jeunes années, quand l’inspiration et l’envie d’écrire étaient intactes. Un soir, saoul, il décide de rentrer à son hôtel à pied plutôt que de suivre sa fiancée en boite de nuit. Sur son chemin, à minuit pile, il croise une voiture des années 20 ; on lui propose de monter, et le voici parti dans une folle nuit où il rencontre ses auteurs préférés, plongé dans les années 20, le jazz et la littérature. Il recommencera le voyage plusieurs fois… Et je ne vous en dit pas plus !

J’ai été très surprise du choix d’Owen Wilson pour le rôle principal. Et bien il est tout à fait crédible dans le rôle de cet écrivain lunaire et mal dans sa peau, dépassé par l’activité et l’obstination à être superficielle de sa fiancée (bon en vrai elle ne s’obstine pas, elle est superficielle). Ce film, hommage carte postale aux années 20, au Paris de Modigliani et de Scott Fitzgerald, à l’insouciance (supposée) des années 20, est le prétexte à une réflexion sur le temps, la nostalgie d’un passé qu’on a pas connu et qu’on imagine toujours plus intéressant et heureux que la réalité de sa propre époque, et sur le fait qu’au lieu de rêver ainsi d’une époque révolue, il faut affronter son quotidien pour qu’il devienne intéressant et heureux. Son propos est beaucoup plus complexe et subtil qu’on ne peut le penser au premier abord. La reconstitution est superbe, la rencontre des écrivains et peintres de l’époque, l’astucieux et malicieux dialogue entre Gil et ses idoles, tout concourt à des scènes drolatiques et savoureuses. Woody Allen s’est fait plaisir, et nous en donne. Je suis ressortie avec un grand sourire aux lèvres.

La conquête

19725453.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110427_101523« Ceci est un œuvre de fiction ». C’est peut ou prou l’avertissement qui apparait avant le début du film.
Oui mais… C’est Patrick Rotman, historien spécialisé en histoire contemporaine et documentariste, qui a écrit le scénario. Donc si on imagine bien que les scènes privées ont été imaginées, elles se basent sur des choses qui ont été récoltées pour être au plus juste de la réalité…

Il s’agit donc de l’histoire de N.S., homme politique, de la droite française, qui a l’ambition d’être un jour président. Il est épaulé de la femme qu’il adore, C.S., très engagée dans la carrière politique de son mari, qui l’épaule et lui sert de conseiller. S’entrecroisent des images de N.S. le jour de l’élection présidentielle, seul, essayant désespérément de contacter sa femme au téléphone, avec le parcours de N.S., du rôle de ministre à celui de président de son parti puis à celui de prétendant au poste de président de la République Française. On suit la déliquescence de ce couple au début très soudé, parce qu’elle rencontre le nouvel homme de sa vie, trois ans avant l’élection présidentielle. On voit N.S. ramer pour reconquérir sa femme, un élément supplémentaire dans ses ambitions politiques, réussir pour la ramener auprès de lui, lui offrir le palais de l’Elysée.
On assiste aux démêlés de N.S. avec le président de la république, J.C., passages pleins de bons mots où il semble que le président ne prend pas la mesure de l’ambition de N.S., contrairement à sa femme, B.C., qui soutient activement son poulain politique.
On assiste à la guerre larvée de N.S. avec D. de V., opposant politique du même bord, premier ministre, pleine de coups bas et d’hypocrite amitié.

Sous-tendu par une musique de cirque, le film montre tous les tours et détours pour réussir en politique, tout en permettant de porter un regard ironique sur ce qui se passe. Il y a un côté fascinant à voir comment se construit l’image d’un personnage politique, mais aussi ses discours, son programme, comment se comportent les fidèles, les traitres et les ennemis.

Ce film m’a plu, parce que je n’avais pas la chronologie en tête (je me suis même demandée si je n’avais pas passé quelques années dans un trou noir lol) et que le décryptage de la politique politicienne vaut le détour.

The Tree of Live

19704053_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110329_114352Vous n’avez pas aimé « 2001 l’odyssée de l’espace » de Kubrick ? Il y a de grande chance que vous passiez à côté de ce film !

Autant le dire tout de suite : il y avait peu de personnes dans la salle, 1/3 sont partis en cours de film, 1/3 a fini le visionnage pris de fous-rires nerveux, et un autre tiers est resté silencieux, contemplatif, et intéressé… et dérouté, surement !

 Le titre du film n’est pas innocent : les arbre de vie gravés, peints, brodés, imprimés ou sculptés existent depuis le début de l’Histoire. Ils semblent symboliser la force de la vie et ses origines, l’importance des racines et le développement de la Vie.(*)

Ce film est un collage : la résonance de la mort d’un jeune homme de 19 ans chez sa mère, son père, son frère ainé ; les souvenirs d’enfance du frère ainé, marqué par l’éducation stricte voire rude dispensée par le père, contrebalancée par la douceur et la souplesse de la mère ; le travail de deuil ; la naissance de l’humanité…
Tout cela s’entremêle pour une incroyable ode à la vie, et pour moi, une réflexion sur le rapport au divin, à la mort, à l’au-delà. C’est sensible, douloureux, magnifique.

Je ne peux recommander un film comme celui-ci ; sachez juste que je ne l’avais pas vu seule et que nous n’avons pas vu le même film, pas été marqué par les mêmes choses. Ce film est OFNI (objet filmé non identifié) qui tient de la philosophie, de l’art visuel, et nécessite une bonne dose de réflexion personnelle, en confrontation avec celle de quelqu’un d’autre 🙂

(*) wikipédia