Midnight in Paris

19702766.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110328_100216« Un monde sans Woody Allen ne serait pas supportable ». Ma foi, la personne qui a dit ça, et dont on m’a rapporté les paroles, n’avait pas tord ! Sa sinistrose, sa logorrhée, ses névroses, son humour tendre ou grinçant, tout fait mouche chez lui. Dans son œuvre, il y a les petits ou les grands films de Woody, mais il n’y a pas de mauvais Allen. Bon, maintenant que vous avez vu que j’étais totalement impartiale sur le sujet, je vais vous parler de Minuit à Paris. La première chose à savoir : même le plus brillant acteur–doubleur français ne peut rendre le charme de l’obstination à parler vite de pleins de choses de Woody Allen.

L’histoire du film : Gil, scénariste pour Hollywood, est un écrivain qui n’écrit pas. Son roman est en panne depuis des années, il ne sait pas comment le construire. Il part à Paris avec sa fiancée, Inez, jeune femme californienne pourrie gâtée par ses parents, très riches, qui ne tiennent pas en grande estime cet écrivaillon incapable d’accoucher de son livre. Sur place, ils croisent une ancienne connaissance d’Inez, Paul, professeur imbu de lui-même, dont elle est plus ou moins amoureuse, ce qui agace prodigieusement Gil, qui connait la fatuité de Paul. Gil a déjà vécu à Paris, et cherche à renouer avec ses jeunes années, quand l’inspiration et l’envie d’écrire étaient intactes. Un soir, saoul, il décide de rentrer à son hôtel à pied plutôt que de suivre sa fiancée en boite de nuit. Sur son chemin, à minuit pile, il croise une voiture des années 20 ; on lui propose de monter, et le voici parti dans une folle nuit où il rencontre ses auteurs préférés, plongé dans les années 20, le jazz et la littérature. Il recommencera le voyage plusieurs fois… Et je ne vous en dit pas plus !

J’ai été très surprise du choix d’Owen Wilson pour le rôle principal. Et bien il est tout à fait crédible dans le rôle de cet écrivain lunaire et mal dans sa peau, dépassé par l’activité et l’obstination à être superficielle de sa fiancée (bon en vrai elle ne s’obstine pas, elle est superficielle). Ce film, hommage carte postale aux années 20, au Paris de Modigliani et de Scott Fitzgerald, à l’insouciance (supposée) des années 20, est le prétexte à une réflexion sur le temps, la nostalgie d’un passé qu’on a pas connu et qu’on imagine toujours plus intéressant et heureux que la réalité de sa propre époque, et sur le fait qu’au lieu de rêver ainsi d’une époque révolue, il faut affronter son quotidien pour qu’il devienne intéressant et heureux. Son propos est beaucoup plus complexe et subtil qu’on ne peut le penser au premier abord. La reconstitution est superbe, la rencontre des écrivains et peintres de l’époque, l’astucieux et malicieux dialogue entre Gil et ses idoles, tout concourt à des scènes drolatiques et savoureuses. Woody Allen s’est fait plaisir, et nous en donne. Je suis ressortie avec un grand sourire aux lèvres.

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