Hiiiiiiiiiiiiii!!!!!

true-blood-poster-2C’est en substance le cri de plaisir que j’ai eu quand j’ai découvert les deux premiers épisodes de la quatrième saison de True Blood.
Et oui, devant elle, je confesse perdre totalement mon cœur d’artichaut. Cette série est gore, trash, crue, mais m’a totalement accrochée.

Le tour de force d’Alan Ball est d’avoir repris l’histoire de Sookie Stackhouse, mais de l’avoir habilement transformée pour en faire quelque chose d’autre. Je n’en attendais pas moins du créateur de la série « six feet under », excellente série elle aussi, décalée, étrange.
On retrouve parfois dans les premières saisons de « True Blood » des pans entiers de dialogue des livres de Charlaine Harris. Et pourtant, l’histoire n’est pas totalement la même, le destin de certains personnages est transformé, étoffé. La grande trame des relations entre les personnages des romans est globalement respectée. Et cette saison – Oh my gosh!- correspond au quatrième livre de Harris, et va ravir les fans ericophiles 😛 Les vrais fans de la série écrite crieront parfois, allez, souvent, à la trahison. Moi je m’en fiche, je considère que ce sont deux œuvres qui se parlent, à la fois différentes et très semblables.
Et puis les scénaristes se font un malin plaisir de nous laisser à chaque fin d’épisode sur un cliffhanger : juste de quoi pousser un « hiiiiiiiiii »  de frustration et attendre avec impatience l’épisode suivant !

Le générique est en lui-même un morceau d’anthologie. Etouffant, moite, comme peut l’être de la Louisiane, provocateur quant à sa comparaison entre la violence potentielle contenue dans la religion, le sexe et la nature. Le clin d’œil du « God hate Fangs » (Dieu hait les gens qui frayent sexuellement et sanguinement avec les vampires – fang voulant dire croc) au slogan des extrémistes religieux et puritains « God hate fags » (dieu hait les tapettes) situe tout de suite l’ambiance de la série.
Et la chanson de Jace Everett « Bad things » répond très bien aux images
Les ravages de la drogue, l’obscurantisme religieux, la haine raciale, sont évoqués tour à tour dans la série, d’une manière outrancière parfois, bon, allez, souvent. Mais c’est aussi  une série qui ne se prend pas au sérieux pour autant, qui flirte avec la série Z et le second degré dans les scènes vampiriques. Et qui donne une drôle d’image de la Louisiane, un des état des USA, les plus pauvres, les plus incultes, avec des taux d’alcolisme et de grossesse d’adolescentes record. On est loin, très loin du rêve américain. Il s’est échoué comme une baleine sur les plages de Louisiane.
Le violoncelle qui sous-tend la bande son, à la fois inquiétant et envoutant, les musiques dédiées aux personnages principaux des scènes qui s’enchainent, augmente à mes yeux l’intensité de la série. La musique est même un personnage à part entière à mon avis.