Anna Campbell – La robe écarlate

562327_630477360318350_1661433622_nPrésentation de l’éditeur : « Entendu lord Erith, je serai votre maîtresse. »
Olivia Raines a posé ses conditions. Son nouveau protecteur est riche, généreux. Parfait, donc. Alors pourquoi cette peur qui l’étreint. Parce que le comte n’est visiblement pas de la même étoffe que ses amants habituels qu’elle comble de jouissances sans jamais s’abandonner. De fait, Erith s’en aperçoit et lui lance un défi : il sera le premier à la faire pâmer de volupté. Olivia lui rit au nez. Elle sait que tout plaisir lui est interdit. Entre la courtisane désabusée et l’aristocrate sans âme, un duel sensuel s’engage.

Gros coup de cœur pour ce livre. Très bien écrit, une intrigue magistralement dominée par l’auteure, des personnages passionnants et atypiques de par leur âge et leur vécu, et la frigidité de l’héroïne, courtisane célèbre.

Lord Julian Southwood, Comte d’Erith, revient en Angleterre après un exil volontaire de 16 ans, à l’occasion du mariage de sa fille. Marié très jeune, fou amoureux de sa femme, et veuf à 22 ans, il a fuit ses enfants et sa famille, en embrassant une carrière diplomatique. Intelligent, froid, incisif, engoncé dans un deuil qu’il n’arrive pas à faire, rongé par la culpabilité, il a pris l’habitude de n’accepter que le meilleur dans sa vie :

 Le comte d’Erith n’achetait que ce qu’il y avait de mieux. Les meilleurs costumes. Les meilleurs chevaux. Les meilleures femmes.

Dans cette optique, il décide de faire d’Olivia Baines sa maîtresse pendant ce séjour anglais. Olivia est une demi-mondaine qui aborde le tournant critique de la trentaine. Lasse de cette vie de courtisane qu’elle subit depuis le premier jour, elle a décidé de se retirer après une dernière liaison lucrative, et en pleine gloire. Elle a toujours choisi ses protecteurs et établi comme règle de ne jamais fréquenter un homme marié.

on disait que lorsqu’elle acceptait les faveurs d’un homme, elle lui restait loyale jusqu’à ce qu’elle se lasse de lui. Pour l’instant, d’après ce qu’il savait, aucun homme ne s’était lassé d’elle.

Entre eux, la tension sexuelle est immédiate, tout comme l’est la tension intellectuelle. Dès le départ, ils sont en face d’une personne qui les attire mais qu’ils ne comprennent pas. D’où une méfiance réciproque, qui se traduit par l’affrontement, même s’ils finalisent l’accord qui les liera pour quelques mois.

Leur histoire prend un tournant lorsque Julian découvre avec stupéfaction, lors de leur première nuit ensemble, que cette courtisane renommée simule le plaisir. Leur rapport de force les mènent à parier :

– Que suggérez-vous donc, monsieur ?
– Accordez-moi un mois. Si je ne puis vous éveiller au plaisir durant cet intervalle, je me mettrai publiquement à genoux devant vous et clamerai haut et fort que vous êtes la seule femme qui m’ait jamais fait déposer les armes.
Elle haussa un sourcil délicat.
– Déposer les armes ?
– Nous aurons tout le loisir de discutailler de la terminologie. Si vous gagnez, vous pourrez me quitter et conserver tous les avantages en nature qui vous seraient revenus si vous étiez restée jusqu’en juillet.
– Et si vous l’emportez ?
– Vous admettez votre défaite et demeurez ma maîtresse enthousiaste jusqu’à mon départ pour Vienne.

Commence alors une relation passionnée, faite de joutes verbales dans le huis-clos de leurs rencontres, de sentiments qui explosent au grand jour, d’amour et de déchirure. Il se jaugent, se tournent autour, s’observent, se défient, se surprennent, s’apprivoisent, s’exposent.

toute la saveur du livre réside dans l’intensité de cette relation, dans l’intensité des personnalités d’Olivia et Julian, dans le télescopage des douleurs de leur passé respectif, dans l’immixtion destructrice de la réalité sociale dans leur liaison.
Le récit est tout en tension, nerveux et fluide. Les dialogues sont intelligents et abondants. Les scènes érotiques sont particulièrement bien écrites et s’inscrivent dans la cohérence de l’évolution de cette amour naissant. Rien n’est facile dans leur histoire, et même si la happy-end est là, elle se gagne de haute lutte.

J’adorerais que l’un d’entre vous le lise, qu’on en parle un brin 😉 !

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Une réaction sur “Anna Campbell – La robe écarlate

  1. Moi je l’ai lu !
    J’ai beaucoup aimé mais pas un coup de coeur non plus. Mais ce livre m’a réconcilié avec les historiques :-))
    Je l’ai vraiment apprécié !

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