Le Meilleur des deux mondes de Susan Kalmes – Challenge « oh my, cette couverture ! » de Cess

Ma participation au Challenge « oh my, cette couverture ! », ou comment l’amitié vous mène à participer à un challenge loufoque, à lire le livre le plus affligeant qui ai jamais été soumis à mon regard (j’ai les yeux qui en brûle encore!), et à écrire un premier article 2014 sur une daube. Et tout ça avec le sourire, et des tonnes de fou-rires!

Or donc Cess nous proposait de choisir un livre dont on trouve la couverture affreuse. Il se trouve que j’ai toujours regardé d’un air dubitatif et légèrement affolé les couvertures de la collection Duo des années 90. Voyez plutôt :

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Cette couverture est caractéristique : un fond de couleur, des éléments décoratifs pour donner des indices sur l’intrigue: il y aura donc un dilemme (la jeune femme qui se tient la joue), une motoneige, la période de noël (le cadeau), des montagnes, des skis, un chat et un moment de proximité (admirez les silhouettes découpées où l’Homme tient le menton de sa bienaimée et s’approche doucement de ses lèvres).

Et puis il y a la quatrième de couverture :
Les chiens de traîneau haletaient, faisant crisser la neige sur leur passage, et le fragile attelage filait comme une flèche à travers l’immensité glacée, si blanche sous le regard bienveillant de la lune.  De temps à autre, le maître des chiens faisait claquer son fouet pour accélérer l’allure. Emmitouflée dans des peaux de bêtes, Alexia s’interrogeait. Aurait-elle le courage de tout abandonner pour l’homme de sa vie ? Un roman magique, au charme envoûtant.

Et là l’inquiétude s’installe.. Magique? Envoûtant? Pourquoi une motoneige alors qu’on parle de traîneau de chien? Des peaux de bêtes? Really? J’avais bien raison de m’inquiéter… Je n’ai jamais lu un truc aussi aberrant.

Bienvenue à Talkeetna, Alaska, la « ville qui s’enorgueillit de son concours annuel de lancer de bouse de caribou ». Oui vous avez bien lu. Le lancer de bouse de caribou.
On y rencontre Alexia, qui est venue aider sa sœur Jenny enceinte de triplés (pourquoi faire dans le modeste?).
Alexia, qu’on décrit comme une célibattante carriériste d’environ 25 ans, vient donc dans ce trou paumé, en plein hiver, pour une période d’environ deux mois.
Ses relations avec Jenny sont faites de tendresse et de taquinerie : Tais-toi peste! tu oublies que je suis plus grande que toi! où on sent bien l’adulte qui est en elle…
Donc Jenny tente de persuader Alexia de suivre son exemple, c’est à dire mariage-foyer-enfant plutôt que la vie glamour d’une acheteuse de prêt-à-porter de luxe, sur le point de quitter le Kansas pour New-York. Mais non, Alexia est une jeune femme bien dans sa peau, bien des années 90,  elle veux sa carrière et le mec qui s’écrasera pour qu’elle la réussisse.

Mais voilà le destin qui s’en mêle… Car elle tombe. Oui lecteur de cette chronique, elle tombe à cause d’une plaque de verglas! Comme dans une romance historique! Et là, qui l’aide? « Un géant, le genre Robert-Redford-dans-le-Grand-Nord, immense, avec des yeux bleus comme le ciel du Kansas en plein été » . C’est Jess . Une rencontre qui marque :  « sa voix était grave et chaude. quand Alexia frissonna, ce n’était pas de froid ». D’ailleurs, cette citation est pour toi Cess, il sent bon : « le parfum de son eau de toilette la frappa de nouveau. Sensation fugitive de brise fraîche un jour de canicule! Elle frissonna ».

S’ensuit une série de scènes ahurissantes, où pour montrer que son héroïne a du caractère, l’auteur lui fait faire des caprices et la fait rougir ou perdre sa voix, et ou Jess contrebalance par des vannes pas drôles. Avec une insistante lourde, et pas qu’un peu, sur l’homme du grand air et de la toute petite ville (traduire péquenot en puissance) et la fille des villes branchée (comprendre la cruche imbue de sa supériorité).

Il y a le bal des célibataires, où Alexia, jeune femme de 25 ans dans les années 90, met petite robe noire et perles pour « être superbe ». Va en escarpins au lieu du bal. Commande au bar un « vin blanc Perrier avec zeste de citron » avec un moment « drolatique » ou le serveur, un brave gars du coin, comprend qu’elle veut prendre son verre de vin avec un certain Pierre. Du coup elle se rabat sur un whisky, boisson tout aussi légère…
Pendant le bal, il y a une vente des célibataires, evidemment, Alexia achète à l’insu de son plein gré Jess.
Puis il la raccompagne chez sa sœur. Scène mythique, où il a garé dans le parking… son traîneau de chiens! Elle réagit tout de suite « Jess, fuyons avant que les loups nous attaquent… » Et puis il y a la description du traîneau qui là, me laisse en pleine cogitation : « il la mena vers une sorte de chaise montée sur roues et où s’entassaient des montagnes de fourrure ». Des roues? Sur un traîneau??? Des fourrures en veux-tu en voilà à la fin du 20ème siècle???

Il y a la visite de la maison de Jess et sa piscine couverte chauffée par une source d’eau chaude, transformée en serre tropicale.
Il y a l’opinion qu’elle a à propos de Jess : « elle n’imaginait pas du tout cet homme des montagnes au cœur de la jungle d’une mégapole ». Mais elle le veux, à New-York avec elle, donc « il restait à convaincre Jess. Il suffirait de quelques baisers, un peu d’intimité, et le tour sera joué » (Car c’est bien connu, une femme libérée fait du chantage au sexe à son homme pour obtenir ce qu’elle veux).
Jess qui appelle son chat Taffetas en hommage à Shakespeare, ce qui amène cette phrase énamourée de la part d’Alexia « tu connais Shakespeare? » à quoi il répond « Ne soit pas si surprise, il m’arrive de lire … entre deux expéditions », et elle ajoute « je ne te crois pas! ». Elle se confie à sa sœur « Tu sais, il est beaucoup mieux que je ne croyais. Il est fin, cultivé… » C’est si touchant cet amour…

D’ailleurs parlons-en du chat. car oui, la couverture n’a pas menti, chat il y a! « Taffetas est revenu, il me lèche les pieds ». « C’est un chat très intelligent » se rengorge le maître de la dite bestiole…

Bon on va accélérer.

Une séance de ski de fond où Alexia est ridicule. »Première leçon. Si tu veux rester sur place, n’oriente pas tes skis dans le sens de la descente. Reconnaissant que le conseil était de bon sens, Alexia se retourna »  pour glisser de plus belle sur la pente..

Un apprentissage de la cuisine pour elle car elle ne sait pas cuisiner, elle va au restaurant quand elle a faim.

Une idée de génie de la part d’Alexia qui fabrique un cadeau de noël à Jess, dépitée de ne pas avoir pu aller à Anchorage pour lui acheter quelque chose « en cachemire, en soie ou en cuir naturel ». Du coup elle lui réalise un tableau décoratif avec des mouches pour la pêche « c’était parfait, plus même, génial! »

Une partie de cache-cache  » Peut-être n’était-il pas caché derrière le sapin? Elle décida d’en avoir le coeur net. Doucement elle s’approcha et fit le tour de l’arbre. silencieusement, Jess reculait. Alexia se retrouva au point de départ, perplexe, quand soudain Jess décida de passer à l’attaque ».

Le cadeau de noël, « un merveilleux collier ivoire et or ». Et là lecteur de ce billet j’ai besoin de toi. Alexia ne l’essaye pas car « ce qu’il symbolisait était trop clair pour qu’elle envisage de le porter ». Mais eeeeuhhh, c’est quoi le symbolisme? C’eut été une bague, j’aurais compris…

L’accouchement de Jenny, le jour de noël, où Jenny ne prévient pas qu’elle a commencé le travail pour pas déranger (rappelons que c’est une première grossesse, des triplés, dans une toute petite ville d’Alaska), Jess sait accoucher alors qu’il est guide de montagne, personne ne pense à prévenir les urgences, non, on met Alexia sur une motoneige qu’elle ne sait pas conduire pour aller chercher le généraliste du coin (évidemment elle aura un accident avec la motoneige, mais pas grave), où le futur père va faire une partie de poker avec ses invités au lieu de rester près de sa femme et rate ainsi la naissance de ses deux premiers enfants…

La séparation siii difficile, ils s’aiment, mais ne peuvent concilier leurs modes de vie… Pour que trois mois plus tard, elle réalise que s’asseoir sur ses rêves de carrière pour aller vivre en Alaska près de Jess est l’avenir dont elle rêve vraiment… Et qui l’attend à l’aéroport alors qu’elle ne l’a pas prévenu? Jess! qui lui dit « on va aller faire des courses, tu as besoin d’une robe de mariée ». AAAAAAAAHHHHHHH romantisme quand tu nous tient!

Bref, j’ai passé un moment de rêve, avec une héroïne exaspérante, un héro si parfait qu’il en devient grotesque, des dialogues indigents, des situations bâclées et pas drôles… Mais avec une info essentielle : Talkeetna, ville du concours du lancer annuel de bouse de caribou, est en Alaska! qu’on se le dise!!!! (vérification faite sur Wikipédia! Malheureusement, ce monument de la culture Alaskienne a été annulé en 2009)

fabio2Alors Cess, Heureuse?! Merci en tout cas pour ce moment de lecture pittoresque… Ou comment j’ai eu l’impression d’avoir pris des champignons hallucinogènes avant de lire un livre… Dire que ça été écrit, publié, traduit, et republié en France! Dernière info, ce chef-d’œuvre est à vendre 18 euros sur Chapitre.com!

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7 réflexions sur “Le Meilleur des deux mondes de Susan Kalmes – Challenge « oh my, cette couverture ! » de Cess

  1. Wahou ! Là c’est le roman entier qui mérite un « Oh my! ». Ce challenge commence fort, c’est sûr. Désolée pour toi, quand même, que tu aies dû lire un truc aussi déplorable… 🙂

  2. J’adooooore 🙂 Bien sûr que je suis heureuse. Ces hommes multi-talents, ces femmes fortes, l’odeur de brise fraiche… Magique ce livre dis-moi !!!

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