La série Maiden Lane vue par Elizabeth Hoyt

1x1_lilacPourquoi avoir situé la série lors de la période Géorgienne (1714-1830), plus exactement vers 1730-1740?
Par naïveté! Une envie d’écrire sur une période différente de la Régence, déjà très prisée.
C’est une époque marquée par de très grandes différences entre riches et pauvres, l’apparition d’une première addiction de masse (le gin), et en même temps une époque formidable de développement des sciences et de la philosophie.

Le gin, parlons-en. [*]
C’est un des premiers alcools forts. Il est obtenu par distillation d’une base de fermentation alcoolique d’un malt (orge, seigle, maïs) parfumé aux baies de genévrier. Cet alcool pouvait titrer jusqu’à 50 degrés. Avant, on buvait principalement de la bière coupée d’eau (sachant qu’à Londres, l’eau venait des égouts). Il a même été prohibé entre 1736 et 1742 au vu des ravages faits dans la population. Il permet aussi d’écouler les récoltes de grains de mauvaises qualité.
Elizabeth a parlé de son grand intérêt de l’impact de cette boisson sur la population de Londres. Elle explique qu’alors Londres était la plus grande métropole mondiale, avec un taux de mortalité effrayant mais qui était tout de même absorbé par la migration vers la capitale anglaise. Elle explique aussi qu’un grand débat, qui durera 40 ans environ, secouera la classe dirigeante et politique. En effet, au début de la production du gin, les aristocrates et les propriétaires terriens (souvent les mêmes) pouvaient vendre des récoltes de mauvaise qualité et trouver là donc un marché très intéressant pour leurs produits. Puis les classes dirigeantes s’inquiètent : la main d’œuvre se saoule plutôt que de manger, et ne peut plus travailler vu son addiction. Se pose alors la question de la régulation de la production et de la consommation du gin.
Elizabeth donne comme exemple retentissant qui a bouleversé l’opinion de l’époque le cas d’un mère infanticide, qui avait placé son enfant de 18 mois dans une maison des pauvres, puis l’avait repris avec elle et l’avait tué afin de récupérer les vêtements donnés à l’enfant pour pouvoir les vendre et se procurer du gin.
Elizabeth évoque aussi cette gravure : une mère saoule en train d’allaiter qui laisse tomber son enfant dans la rue. hes_0752-5702_1988_num_7_4_T1_0466_0000
Pourquoi cette invention du Fantôme de Saint Jean?
Très jeune Elizabeth a lu Sacramouche, vu des films de capes et d’épée, de pirates… Et dévoré des comics (Batman, Conan le Barbare, Spiderman, iron Man…). Elle aime les héros sombres et ombrageux. Batman lui plaisait beaucoup : riche, beau, célèbre… mais très traumatisé!
Elizabeth s’est inspirée de la légende urbaine du Spring-heeled Jack (plus tardive que la période du livre, première description en 1837), un être à l’aspect diabolique, avec de grandes griffes, des yeux rouges qui flamboient dans la nuit, faisant des bons d’une hauteur invraisemblable pour s’attaquer à ses victimes ou s’échapper en riant de façon stridente.

Comment est constituée la série?
La série est constitué de 4 arcs distincts, qu’elle perçoit comme des trilogies :
1 – 3 :    les livres sont centrés sur les ravages du gin, et sur les orphelins.
4 – 6 :    les livres sont centrés sur le Fantôme.
7 – 9 :    les livres sont centrés sur les Harte folies, un parc d’attraction (jardins à thèmes, feux d’artifices, opéra, théâtre,
danse…) [**]

10-12 : Scoop! Spoiler! les livres sont centrés sur une société secrète malfaisante qu’il faut détruire.

Et le prochain livre autour de Montgomery, Duke of Sin?
Il ne faudra pas s’attendre à une rédemption totale de Montgomery. Il est profondément amoral, auto-centré, prêt à exploiter n’importe quelle information à son profit. Oui mais, il va rencontrer l’amour… Qui sait comment il va évoluer?

hoyt[*] je vous recommande la lecture de cet article assez court et passionnant : La bataille du gin en Angleterre dans la première moitié du XVIIe siècle, de Susy Halimi, Halimi Suzy. La bataille du gin en Angleterre dans la première moitié du XVIIIe siècle. In: Histoire, économie et société, 1988, 7ᵉ année, n°4. Toxicomanies : alcool, tabac, drogue. pp. 461-473.

[**] Le dit Harte folies m’ayant fortement fait pensé aux jardins de Tivoli de Copenhague, qui commémorent bien l’esprit des Vauxhall

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