Monica James – Addicted to sin

addictedtosinEncore une lecture à ne pas forcément mettre entre toutes les mains, le postulat de départ étant choquant, mais un récit rondement mené et agréable à lire.

Dixon Maxwells est psychiatre, spécialisé dans les addictions. Jeune (il a 32 ans), brillant, beau, il est bien engagé sur la voie de l’auto-destruction. Cynique, blasé, il lui arrive même de coucher avec certaines de ces patientes dans son bureau (ce qui est totalement abject).
Car le psy a une addiction : celle du sexe pour le sexe, sans attachement, sans sentiment. Il est à la dérive depuis un an : sa fiancée dont il était fou amoureux l’a plaqué pour un de ses meilleurs amis dont elle est enceinte, sa mère qu’il adorait est morte d’un cancer 6 mois plus tard, et son père a fait une terrible dépression nerveuse à la mort de son épouse, obligeant Dixon à le faire interner.
on rencontre Dixon a un tournant de sa vie : il rencontre au même moment la douce Madison, qu’il sauve d’un petit ami violent à la sortie d’un bar, et la sulfureuse Juliet, qui se présente à son cabinet pour traiter son addiction au sexe.
Il se retrouve à s’engager dans une relation avec Juliet, mais quand celle-ci s’essouffle très vite, Madison réapparait dans sa vie.
Alors qu’il se rend compte qu’elle pourrait bien être la femme de sa vie, le retour de bâton de cette année de dérive se présente, et Dixon se retrouve dans un sacré bourbier…

Première partie d’une histoire bien écrite, agréable à lire, avec des moments drôles, sympathiques, touchants, des scènes de sexe bien amenées, et un récit dont on se doute parfois d’un rebondissement mais où l’auteur s’amuse à brouiller les pistes, j’ai passé un bon moment de lecture.

Julia Quinn – Smythe-Smith Quartet [01] – Just like heaven

9780061491900_p0_v2_s192x300Quel plaisir ce fut que de faire cette lecture toute douce, toute sucrée, une lecture coin de cheminée-thé-biscuits par excellence.

Si vous avez lu la saga de la famille Bridgerton (comment? ce n’est pas encore fait! Mais précipitez-vous que diable!), vous allez aussi aimer cette série où l’on retrouve inénarrable quartet de la famille Smythe-Smith.

présentation de l’éditeur  (traduction par ma pomme):
Honoria Smythe-Smith is:
A) a really bad violinist
B) still miffed at being nicknamed « Bug » as a child
C) not in love with her older brother’s best friend
D) all of the above
Marcus Holroyd is:
A) the Earl of Chatteris
B) regrettably prone to sprained ankles
C) not in love with his best friend’s younger sister
D) all of the above
Together they:
A) eat quite a bit of chocolate cake
B) survive a deadly fever and the world’s worst musical performance
C) fall quite desperately in love
It’s Julia Quinn at her best, so you know the answer is …
D) all of the above

Honoria Smythe-Smith est:
A) vraiment une mauvaise violoniste
B) toujours vexée d’avoir été surnommée « la punaise » étant enfant
C) absolument pas amoureuse du meilleur ami de son grand frère
D) toutes les réponses
Marcus Holroyd est:
A) le comte de Chatteris
B) malheureusement enclin à se fouler la cheville
C) absolument amoureux de la plus jeune sœur de son meilleur ami
D) toutes les réponses
Ensembles ils vont:
A) manger du gâteau au chocolat
B) survivre à une fièvre mortelle et à la pire performance musicale du monde
C) tomber follement amoureux

C’est Julia Quinn à son meilleur, donc vous savez que la réponse est…
D) toute les réponses

C’est une charmante histoire, celle de deux personnes qui se sont pratiquement connus toute leur vie sans jamais se rendre compte qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.
Marcus rencontre Honoria alors qu’il a douze ans et qu’elle en a six, alors qu’il passe ses premières vacances dans la joyeuse tribu des Smythe-Smith. C’est la petite sœur collante par excellence, qui veut suivre son grand frère Daniel partout et faire tout ce qu’il fait. Marcus est ce jeune garçon taciturne et pataud, qui a toujours vécu dans une grande solitude et dont la timidité l’empêche de vraiment se libérer dans cette famille réconfortante et pleine de vie.Daniel, suite à sa particcipation dans un duel qui tourne mal, s’enfuit sur le continent en laissant sa mère et sa sœur de dix-neuf ans derrière lui, arrachant à Marcus cette promesse : que sa sœur n’épouse pas un idiot.
Trois ans plus tard, Honoria se désespère : elle va bientôt entamer sa troisième saison et n’a toujours pas eu de proposition de mariage. Elle rêve pourtant d’enfin épouser un homme qu’elle aimerait et fonder une famille aussi bruyante, exubérante et chaleureuse que celle dans laquelle elle a grandi.
Durant ces saisons, elle croise souvent Marcus, qui l’observe d’un air réprobateur, sans qu’elle sache ce qui a pu lui déplaire.
Lors d’une partie de campagne orchestrée par ma mère d’une amie, dont la famille sont les voisins directs de Marcus, elle imagine un stratagème pour attirer le regard d’un des jeunes gens qui y participe : elle creuse un trou sur le chemin pour simuler une entorse… mais la cheville qui sera foulée ne sera pas celle que l’on pense.
Ce que j’ai vraiment apprécié dans ce livre, c’est qu’on est en présence de personnages plus « quotidiens » : les deux héros partagent la même gourmandise, lui est timide, elle est pleine de vie. Ils se rendent compte qu’ils s’aiment par petites touches.
Et puis il y a le troisième héro de l’histoire : le quartet, institution familiale des Smythe-Smith, qui régale tous les ans pendant la saison la haute société par un récital toujours plus calamiteux. C’est l’occasion pour Julia Quinn de développer une vision savoureuse des relations intra-familiales, faite d’amour et d’humour.
Un livre à lire pour se faire du bien : de la légèreté, de l’humour, du romantisme… Le tout très réussi!

Julia London – The Cabot Sisters [02] – The devil takes a bride.

FINAL-DTaB-front-cover-646x1024Après une série de lectures assez insipides mais qui correspondaient à mon humeur du moment (bikers-gros mots-scènes chaudes, oui je sais…. même pas honte!), j’ai eu envie de retourner à mes grandes amours, c’est à dire la romance historique.

Et j’avoue que là, je ne m’attendais pas à cette lecture! lol Attention, à ne pas mettre entre toutes les mains!

Mais commençons par le début : présentation de l’éditeur (traduction par ma pomme):

Un plan né du désespoir …

Une temps ce qu’il y avait de mieux parmi la  bonne société, Grace Cabot et ses sœurs attendent à présent la honte de perdre leur haut statut et le luxe dans lequel elles vivent à cause de  la mort du Comte de Beckington, [leur beau-père]. Ces circonstances sinistres sont inévitables à moins que, bien sûr, le complot diabolique de Grace, séduire un riche vicomte et le forcer au  mariage,  se déroule sans accroc. Mais une fois découverte dans les bras de Jeffrey, Comte de Merryton, lors  d’une étreinte volée avec le mauvais partenaire , son plan prend une tournure des plus inattendue.

… bouleversé par la passion.

Dirigé par la routine et gouverné par le devoir, Jeffrey n’avait aucun désir d’avoir une épouse avant qu’il n’ait succombé à la tentation représentée par Grace. bien que sa jeune épouse – de nom seulement – au cheveux d’or soit la définition même du désordre, il ne peut pas résister au désir de la posséder en tous points. Mais une fois que leurs secrets respectifs se révèlent, la bonne société pourrait considérer que leurs vies sont entachées au-delà de toute rédemption, …quand Jeffrey pourrait juste y voir un nouveau commencement.

Grace, poussée au désespoir par le décès se son beau-père, qui laisse sa mère et ses trois sœurs à la merci d’un beau-frère gentil mais manipulé par sa future épouse, décide de se marier avant qu’une terrible vérité entache ses possibilités de mariage : sa mère, suite à un accident, perd la tête. Or qui voudrait épouser la fille d’une folle, qui n’a qu’une faible dot à proposer, même si elle est la sœur par alliance d’un comte?
Elle décide donc de séduire le jeune vicomte Ahmerst, jeune homme charmant et flirteur de première, en construisant minutieusement un plan pour être découverte en pleine situation compromettante, et cela pour précipiter un mariage d’honneur.
Mais l’homme qui la tient contre lui et l’embrasse fougueusement n’est autre que le frère d’Amherst, Jeffrey, comte de Merryton.  Découverts, sa réputation à elle est ruinée, et lui se retrouve à la limite d’être accusé de viol et risque la pendaison, à moins d’épouser Grace.
Mais Merryton a un double secret, qui l’empêchait jusqu’alors de convoler en justes noces : il se croit fou… car sa vie est régie par un toc insurmontable (le chiffre huit étant la mesure de toute chose, du nombre de pas à faire entre deux pièces jusqu’à la mesure entre deux verres posés sur une table) et à cause d’une imagination débordante et toute tournée vers le… sexe. Homme de rigueur par nature, par éducation mais aussi par peur de déraper, il ne peux s’empêcher d’imaginer toutes sortes de sénarii dépravés au contact des femmes qui l’entourent.
Aller à la rencontre de ses désirs avec sa toute nouvelle épouse, innocente et virginale lui semble monstrueux.
Grace quant à elle est décidée à donner une vraie chance à ce mariage et cherche à faire tomber les murs intérieurs érigés par Jeffrey.

Cette histoire d’un homme brisé par son éducation, souffrant de TOC  qui vit sa sexualité dans un refoulement total et une honte sans fin a su me toucher. J’imagine sans peine la douleur que les gens de l’époque, bridés à la fois par la religion, la censure sociale, la honte d’être sexuellement très actifs et osés, et j’imagine tout aussi bien les troubles psychologiques que cela pouvait engendrer. Là où on attendrait ce personnage comme étant un débauché fini réformé par la rencontre de la femme qui lui convient, c’est ici tout le contraire. Un homme digne, obsédé par sa réputation, rencontre la femme qui lui convient, parce qu’elle est vivante, pugnace, et finalement sexuellement en phase avec lui.
Ce joli retournement de situation m’a fait adhérer au récit. Par contre c’est très très chaud la braise pour une romance historique… Vous êtes avertis!

The Viscount Who Lived Down The Lane – Elizabeth Boyle

viscount-300x482Présentation de l’éditeur (traduction par ma pomme)
Elle n’a aucune envie de tomber amoureuse…


Alors qu’elle arrive à Mayfair, Louisa Tempest est horrifiée lorsque son incorrigible chat bondit du carrosse et se rue dans la maison du voisin où elle fait face au reclus Vicomte de Wakefield. Mais l’état de son domaine est encore plus consternant que sa mauvaise humeur. Convaincue que son attitude s’améliorerait si sa maison était en ordre, Louisa décide de redresser la situation .

… jusqu’à ce qu’elle rencontre le Vicomte qui vit au bout de l’allée.A son grand déplaisir, Wakefield se trouve dans l’impossibilité d’empêcher Louisa d’accéder à sa maison, d’envahir sa vie quotidienne de ses « améliorations », et ses nuits des désirables tentations qu’elle suscite chez lui. Blessé à la guerre, il a méprisé la bonne société depuis son retour … jusqu’à ce que Louisa ​​ouvre la porte de son cœur et le convainc de donner une seconde chance à l’ amour.

ce livre a gagné en 2015 le prix de l’histoire d’amour et rires publiée en 2014, prix décernée par les Romantic Times Reviewers’ Choice Award.
Un coup de cœur. j’ai passé un si bon moment, j’ai ri, j’ai été émue, j’ai adoré le personnage du chat (oui oui, c’est un personnage à part entière) et tous les personnages secondaires.
Louisa est lumineuse, pleine d’allant, maladroite comme pas deux, pleine de générosité.
Une vraie tornade dans la vie de Pierson qui ne sait plus à quel saint se vouer. Il s’est coupé du monde à tel point que le retour à la réalité est parfois difficile.
Il est ébahi, en colère, troublé par cette jeune femme qui le secoue de sa torpeur, de son chagrin, de sa culpabilité de survivant des guerres napoléoniennes.
Les scènes de rapprochement physiques entre eux sont caliente.
Des moment très touchants, avec des petites phrases qui font mouche par leur sensibilité et ma foi leur profondeur.

Rattrapage bloguesque

Beaucoup lu, pas posté… Je dois rattraper cela! Pas grand chose de transcendant, mais 4 livres qui se détachent du lot, dont deux coup de cœur très différents.

109555.pngUne série en cours d’écriture pour commencer. Et à ne pas mettre entre toutes les mains
Les Hades Hangmen de Tillie Cole commencent par It Ain’t Me, Babe.
Collision entre deux mondes : celui des bikers américains et celui d’une secte.
Avec des personnages atypiques : un Président de club bègue profond qui dirige sont club grâce au langage des signes, une jeune femme considérée comme la future épouse du gourou, et mis au ban de la secte pour sa beauté physique, émanation du malin.
Un amour qui nait d’une rencontre entre deux enfants, ce petit garçon de l’autre côté du grillage barbelé, lui qui représente le monde extérieur et la liberté, elle qui lui permet de parler à une autre personne que son père.
Une deuxième rencontre lorsqu’elle s’enfuit pour ne pas se marier.
L’histoire est à la fois romanesque et glaçante. L’auteur a étudié le phénomène sectaire à l’université (son introduction est d’ailleurs très intéressante). Secte religieuse, néo-nazis, bikers, gouvernement, tout cela s’entrelace pour une vision de l’Amérique pas très glamour.
L’expérience de l’héroïne au seine de la secte est minutieusement évoquée, et peut choquer. Un des personnages principaux est aussi un membre de la secte.
La suite de la série évoquera les trois autres jeunes femmes ayant partagé le statut de paria et de future femme du gourou et leur histoire avec un biker.
C’est fort, c’est choquant mais j’ai trouvé ça bien écrit et j’ai hâte de lire la suite.

13569338Rien à voir, mais strictement rien à voir, voici mon grand coup de cœur de ces dernières semaines.
Le genre de livre que j’ai adoré lire, tout y est parfait, les personnages, l’intrigue, l’a romance…
J’ai couiné tant et plus. La scène de la leçon d’écriture… Un grand moment de romantisme.
Je n’ai pas envie de vous le résumer, pas envie de déflorer cette perle.
Une chose que je fais rarement : je vous donne l’ordre de le lire 🙂
Et pour une fois ce livre a été traduit en français et est publié par Milady (d’ailleurs j’ai détesté le résumé proposé par Milady)

22446829En allant lire le Blog d’une auteure que j’aime beaucoup, Cécilia Grant, j’ai repéré son article sur ses lectures préférées de 2014. J’ai eu envie de tenter le coup sur ce titre.
Voici donc une comédie romantique toute en subtilité, entre un rescapé de la guerre d’Afghanistan, qui perd ses deux jambes à cause d’une mine anti-personnelle, et la jeune femme originaire de sa ville natale, choisie par hasard,  qu’il a dû présenter comme sa fiancée, à l’insu de celle-ci, pour ne pas vexer un chef de guerre qui lui faisait l’honneur de lui proposer sa fille en mariage.
Jamais larmoyant, plein d’humour, une rencontre improbable et une histoire qui se déroule sur des mois (pas de coup de foudre on s’épouse en moins d’une semaine ).

17707787Et enfin, cette romance toute mignonne, dépaysante. La rencontre de deux visages de l’Inde, celle de Bollywood, occidentalisée, et celle des petits villages qui a lieu… aux Etats-Unis!
Samir part à la recherche de la première femme de son frère, épousée alors qu’ils étaient enfants. Lui croyait le mariage annulé, elle pendant 20 ans a construit sa vie autour de ce mariage sans jamais revoir son époux. Samir a une mission : faire enfin annuler ce mariage…
Et se trouve embarqué dans une histoire qui le dépasse…
Personnalités attachantes (Mili est tout simplement craquante), histoire à rebondissements, personnages à la Bollywood : on sent presque les épices en lisant 🙂
J’ai vraiment beaucoup aimé 🙂

Transcendence – Shay Savage

transcendence-by-shay-savageC’est l’histoire d’une lecture commune avec Evenusia et Julia qui se voulait moqueuse et qui s’est transformée en lecture attendrie  aux accents barjaveliens, ou comment ma pomme, un brin taquine, a proposé cette dite lecture pensant avoir à faire à un gros navet et s’est faite avoir par un auteur qui écrit bien. Pourtant tout y était le pitch, le titre pompeux, la couverture kitch…. Oui mais…

on commence par le début : présentation de l’éditeur: (traduction par ma pomme) :
On dit que les hommes et les femmes viennent de deux planètes différentes quand il s’agit de communication, mais comment peuvent-ils dépasser les obstacles de l’ère préhistorique quand l’un d’entre eux ne peux tout simplement pas comprendre le langage parlé ?
Ehd est un homme des cavernes qui vit seul dans une zone désertique et dure. Il est fort et intelligent, mais totalement seul. Quand il trouve une magnifique jeune femme tombée dans un de ses pièges, c’est évident pour lui qu’elle est vouée à devenir sa compagne. Il ne sait pas d’où elle vient, elle porte des vêtements étranges et fait beaucoup de bruit avec sa bouche, ce qui lui donne mal à la tête. Tout de même, il est déterminé à remplir son rôle dans la vie – la nourrir, la protéger, lui faire un enfant.
Elizabeth ne sait pas exactement où elle est ou comment elle est arrivée là,. Désorientée et angoissée par cette situation difficile, elle se retrouve traînée par un homme des cavernes dans la grotte de celui-ci. Les avances primitives d’Ehd ne l’intéressent pas, et il semble bien qu’elle ne puisse même pas se faire écouter. Quoiqu’elle essaye, se faire comprendre pare cette homme primitif, mais beau, est une constante -mais souvent amusante – lutte.
Étant seuls, ils doivent compter l’un avec l’autre pour combattre les dangers de la vie sauvage et se préparer pour les mois d’hiver. Alors qu’ils luttent pour coexister, s’installe entre eux une histoire d’amour qui transcende le langage et le temps.

C’est au moment où l’on s’amusait avec les lectures communes des livres sur les couvertures les plus moches que je suis tombée par hasard sur Transcendence. Un peu hallucinée par le pitch (Faut dire que je venait aussi de découvrir qu’il y avait des romans érotiques comportant humains et dinosaures, j’étais sous le choc), je propose donc illico une lecturo-rigolade aux copines. Comme l’a bien résumé Julia, on s’attendait à du Aladin avec un neuneu des cavernes.

Et bien pas du tout. Comme l’explique très bien Shay Savage,dans son introduction, l’intelligence n’a pas forcément de lien avec le langage. Elle a décidé de crée un homme des cavernes bien à elle (elle l’appelle Homo Savage, lol), lui donnant tous les attributs de l’Homo Sapiens sans cette capacité de langage. Et elle se lance dans le récit.

Récit qui ne sera fait que du point de vue de Ehd, ses impressions, ses sentiments. A aucun moment on ne sait ce que peut dire Elizabeth. C’est l’interprétation de son comportement, de ses réactions vu par Ehd qui nous donnent des indices.
Récit d’une belle histoire d’amour, touchante, car il l’aime fort sa Beh (il l’appelle ainsi) au milieu de la monotonie du quotidien, trouver à manger pour survivre, concevoir des outils…. L’auteure se débrouille vraiment bien pour donner à Ehd une profondeur dans sa gentillesse, dans sa façon de faire la cour, dans son attention à Elizabeth, dans l’amour inconditionnel qu’il lui porte (il ne la comprends pas, la trouve très bruyante, mais l’accepte telle qu’elle est).

Though it has taken me most of the day to find some way to impress her, the look on her face is definitely worth whatever effort it takes in the future to see that smile as often as possible
Bien que cela m’a pris toute la journée pour trouver un moyen de l’impressionner, l’expression sur son visage vaut vraiment n’importe quel effort qu’il faudra fournir dans l’avenir pour voir ce sourire aussi souvent que possible.

J’ai pas envie de vous dévoiler toute l’histoire. Parce qu’avancer pas à pas avec eux, c’est être touchée et remuée par des choses simples, essentielles, qui ont attrait à la survie et aux sentiments. La solitude première d’Ehd est très bien décrite (sa tribu a été décimée par un incendie, il en est le seul survivant). l’histoire se passe sur les premières années de leur vie ensemble, les choses n’arrive pas dans un claquement doigt.
L’introduction du fantastique est finement dosé, et la fin m’a donné la larme à l’œil, si si, je vous le dit, mon cœur d’artichaut à marché à plein dans l’histoire.
Les forces du bouquin pour moi: cohérent et tendre. Les faiblesses: des répétitions qui alourdissent le récit. (Raccourci d’une vingtaine de page, il aurait été tout aussi bien).
Et Ehd est vraiment cro-mignon….

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The Heir – Grace Burrowes

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Présentation de l’éditeur : ( traduction par ma pomme)
Un comte que l’on ne peut pas corrompre…
Gayle Windham, comte de Westhaven, est le premier fils légitime et l’héritier du duc de Moreland. Pour échapper à la pression inexorable de son père qui veut le voir marié, il décide de passer l’été à son hôtel particulier de Londres, où il se trouve intrigué par le comportement secret de sa belle gouvernante…
Une Lady qui ne peut être protégée …
Anna Seaton est belle, talentueuse, instruite, et travaille en tant que gouvernante chez lui, ce qui déroute complètement Gayle Windham.
Alors que tous deux se rapprochent et commencent à avoir des sentiments forts l’un pour l’autre, les secrets d’Anna menacent de mettre sans dessus-dessous la vie bien ordonnée du comte – et il ne sait pas comment il va protéger Anna contre les répercussions de son passé…

Voici une romance atypique, un ton différent, une lecture que j’ai beaucoup appréciée.
Le pitch est somme toute assez banal : la jeune fille d’excellente famille qui s’enfuit de chez elle pour échapper à une terrible menace, se fait passer pour une gouvernante dans la maison du héro titré, beau et riche, ils tombent amoureux, les méchants sont punis, et ils vécurent heureux…..
stop
Car mon résumé insipide ne donne absolument pas la mesure du ton employé par Grace Burrowes, qui fait toute la différence.
Car si Grace Burrowes sait faire quelque chose dans se livre, c’est de vous donner cette frustration qui vous donne envie de sauter des pages pour savoir –  vite ,vite! – quel sera le dénouement du livre.
Ici, pas de fin réglée en une page, pas de je t’aime je t’épouse en une semaine. On suit sur plusieurs mois l’évolution des relations entre Gayle et Anna.

Gayle a la trentaine, et est écrasé par son devoir de « fils de » et héritier du duc de Moreland, dont l’obsession est de voir ses fils procréer et la lignée assurée d’une descendance. Pour cela il est prêt à tout : acheter les serviteurs de Gayle pour l’espionner, promettre à sa maitresse le mariage avec son fils si elle tombe enceinte, inciter sa femme à présenter à son fils toutes les cousines, au second, troisième, énième degré de la famille…
Pendant que Gayle se bat pour restaurer la fortune familiale mise à mal par les décisions, de son père.
Gayle est une homme profondément attaché au sens de l’honneur et au devoir familial. C’est aussi un homme en deuil, étouffant dans ce rôle d’héritier qui ne lui ai échu que parce que ses frères aînés sont décédés.
C’est pourquoi il ne veut pas céder à son père : sa femme, il veut la choisir lui-même.

Anna est une femme qui reste mystérieuse pendant les 2/3 du livre. en effet, comme Gayle, on désespère qu’elle se livre enfin pour savoir ce qui la menace. Elle ne sait plus faire confiance, et réagit en femme traquée, et l’hôtel particulier de Gayle n’est qu’une étape de sa fuite. (pour ne pas déflorer le livre, je ne vous en dirais pas plus).

Leur relation commence assez mal ma foi, puisqu’Anna assomme son employeur avec un tisonnier, croyant qu’il s’adonne à des privautés sur une jeune servante. Mais cette relation s’établit tout de suite avec une liberté de ton entre eux deux qui permettra leur rapprochement . Elle le soigne, il ne la dénonce pas à la police, elle l’intrigue, il l’attire…
On suit leur rapprochement amoureux et aussi physique. [Très physique, je préviens tout de suite :)]
De plus en plus, dans un quotidien où chacun essaye de conserver sa place, se glissent des « erreurs » de comportement, où s’expriment leur attachement, puis leur désir, et enfin leur amour.

Car Grace Burrowes ne décrit pas de personnages hiératiques : ils ont soif, ils ont faim, ils ont chaud (été torride), ils ont des besoins naturels, des défauts (la scène de rupture entre Gayle et sa maitresse Elise où elle lui reproche de ne pas être bon amant  m’a fait écarquiller les yeux et bien sourire), ils tâtonnent dans leurs sentiments, ils sont bornés (le Duc de Moreland est formidable dans le genre)…..
Et puis il y a les frères de Gayle, attachants, drôles, qui essayent aussi d’échapper aux manœuvres matrimoniales de leur père, avec qui Gayle a une vraie relation d’amour fraternel. La famille Windham qui se dessine peu à peu, les frères, les sœurs, légitimes ou non (les deux enfants naturels, nés avant son mariage du duc ayant été reconnus), la mère bienaimante, les parents encore fou amoureux… Et il y a les amis, grinçants, taquins, mais prêts à tendre la main… Et les moments où on a envie de secouer les personnages principaux, juste pour leur bien 🙂 …
Il y a chez Grace Burrowes une bonne humeur de fond, un humour, une affection pour ses personnages, une gradation logique dans les relations de Gayle et Anna (même si elle est parfois frustrante :)) et un solide sens du passage hot hot hot qui m’ont permis de passer un vrai bon moment.

2014LUENVO

 

Romeo Romeo – Robin Kaye

33301208Présentation de l’éditeur: (traduction par ma pomme)
Rosalie Ronaldi n’a pas un iota de femme d’ intérieur en elle…
Tout ce qui l’intéresse c’est sa carrière, donc elle survit à coup de plats à-emporter et de dirty martinis (*), range ses chaussures sous la table de salle à manger, suspend ses soutien-gorges sur la tige de son rideau de douche, et laisse trainer ses vêtements sur le canapé …
Nick Romeo est le fantasme de toute femme – grand, brun, beau, riche, vraiment bon au lit, et en plus il aime cuisiner et faire le ménage …
Il dit qu’il recherche une femme indépendante, mais quand il rencontre Rosalie, tout ce qu’il veut c’est prendre soin d’elle. En un clin d’oeil, il a nettoyé son appartement, rempli son réfrigérateur, et a adopté son chien …
Alors, quel est le problème? Juste une petite question d’erreur d’identité, de vol d’entreprise, de passé de délinquant juvénile et de prison pour mineurs et une grande, intrusive famille italienne bien trop proche pour la paix de l’esprit…

Vous désirez lire une comédie à l’américaine, hot, où les répliques fusent, où on a une petite larme à l’œil, et qui finit bien? Vous iriez même faire jusqu’à faire l’effort de le lire en anglais? Ne cherchez plus! Avec « Romeo Romeo » vous avez la parfaite lecture de l’été!

Rosalie ne veut pas entendre parler de mariage. Jamais. Ce qui l’intéresse c’est sa carrière (elle intervient dans des entreprises en difficulté et son rôle et de faire en sorte de les sauver de la faillite), son chien Dave, sa tranquillité de vie. Elle maintient une relation avec Joey, fils du boucher, au potentiel érotique plus qu’incertain et au romantisme réduit à peau de chagrin, pour éviter que sa famille, et surtout sa Mama la serine sur la vraie vie,mariage, enfants, femme au foyer, soumise à son mari…
Nick a tout pour plaire, physique, réussite professionnelle, fortune… Mais s’en tient à une règle de vie : pas de mariage, pas d’enfant, pas d’engagement sentimental. Point barre.

Leur rencontre était inévitable… leur relation déjà tracée dans ses grandes lignes, pas d’engagement, dès qu’on s’ennuie on se quitte. Oui mais….
Sur le bord de la route, Nick sauve Rosalie de la pluie et d’un pneu crevé, elle le prend pour un simple mécano, lui se dit que s’il veut la mettre dans son lit il vaut mieux éviter de lui dire qu’il a presque fait envoyer son frère en prison…. Et tout de suite entre eux, ça fuse, ça combuste….

she wondered if looking at Nick could burn the same calories as running.
Elle se demandait si le fait de déshabiller Nick du regard pouvait lui faire brûler autant de calorie qu’un bon footing.

Donc au détour de cette romance, vous découvrirez:

– une femme qui se « comporte en mec » avec ses amants:

how could she ask him to live without souding as if she were asking to leave?
Comment allait-elle lui demander de partir sans donner l’impression qu’elle lui demandait de partir?

– Un tablier à slogan

Women need men like fish need bicycles.
Les femmes ont besoin des hommes comme les poissons ont besoin de vélos.

– l’aspirateur de mes rêves (si si)

Nick was doing a really good impression of Superman, the man of steel. But instead of lifting a car off the ground with one hand to keep a  baby from being crushed, Nick was lifting the end of Rosalie’s long, extremely heavy sectional sofa to vacuum under it.yes, she was watching a man vacuum […] Nick arm and neck muscles bulges as he expertly maneuvered a vacuum that looked as if it came out of an episode of Star Trek.
Nick donnait une très bonne interprétation de Superman, l’homme d’acier. Mais au lieu de soulever d’une main une voiture du sol pour empêcher un bébé de se faire écraser, Nick soulevait le bout du très long et très lourd canapé de Rosalie afin de de passer l’aspirateur en dessous. Oui, elle regardait un homme passer l’aspirateur […] Les muscles du bras et du cou de Nick gonflait sous l’effort alors qu’il manœuvrait habilement un aspirateur qui avait tout droit l’air sorti d’un épisode de Star Trek.

– Euh… je répète : l’aspirateur de mes rêves (si si)

a vacuum that looked as if it came out of an episode of Star Trek. The thing was amazing. It was also purple. Really purple. […] It’s specially made for homes with pets. It’s got more power to suck up animal hair, and a HEPA filter to cut down on allergens […]
un aspirateur qui avait tout droit l’air sorti d’un épisode de Star Trek. L’objet était impressionnant. Il était aussi violet. Vraiment violet. […] il est spécialement conçu pour les maisons où il y a des animaux de compagnie. Il a plus de pouvoir pour aspirer les poils, et un filtre HEPA contre les allergènes

– Dave le chien

Dave was not a runner. Nick took it slow, but after only about a mile, Dave planted his ass and refused to move in any direction except toward home. Nick tugged on his collar, even tried cajoling him. Dave lay down and played dead until Nick bribed him with a foot-long from a street vendor to get him moving again. Dave walked all the way home with a limp. How he’d managed to make it look as if all four legs were in pain was a true Oscar-worthy performance.
Dave n’était pas un coureur. Nick commença lentement, mais après environ seulement un mile, Dave s’assit et a refusa obstinément de se déplacer dans n’importe quelle direction, sauf vers la maison. Nick tira sur son collier, essaya même de le cajoler. Dave se coucha et fit le mort jusqu’à ce que Nick le soudoie avec un hot-dog d’un vendeur de rue pour obtenir qu’il bouge de nouveau. Dave marcha jusqu’à la maison en boitant. La façon dont il réussit à donner l’impression que ses quatre pattes lui faisaient mal était une performance digne des Oscars.

 – une mère italienne comme on les aime

Do you want I should die of a heart attack before I ever hold a grandchild?”
“Ma, isn’t it a little early to start planning your heart attack? You’re barely middle-aged.”
“Your sainted grandmother, she died at sixty-two.”
“Yeah, but she got hit by a bus. That doesn’t count.”
“Her vision went with age. She never saw it coming. God rest her soul.”
Veux-tu que je meure d’une crise cardiaque avant que je puisse tenir mon petit-enfant dans mes bras?
Ma, est-ce qu’il n’est pas un peu tôt pour planifier ta crise cardiaque? Tu as à peine une cinquantaine d’année.
Ta sainte grand-mère est morte à 62 ans
Oui mais elle a été heurtée par un bus. Ça ne compte pas.
Sa vision a baissé avec l’âge. Elle ne l’a pas vu venir. Dieu ait son âme.

– et une histoire d’amour sur 400 pages (ce qui laisse vraiment à l’histoire de prendre sa dimension complexe) qui fait rire, qui émeut, qui fait palpiter le cœur… On découvre le pourquoi du comment de l’aversion au mariage de nos protagonistes, comment leur profession de foi du « pas de sentiments, pas d’engagement » va leur desservir, comment l’amour s’impose malgré tout… C’est charmant, corrosif, sardonique, enlevé…

Bref je me suis vraiment amusée, d’ailleurs je continue la série!

2014LUENVOJe remercie une fois encore le site des princesses de la romance, qui ont la bonne idée de redonner à lire des anciens articles, et tout particulièrement Chi-Chi, qui a mi tout son enthousiasme à nous convaincre de rencontrer Nick.

(*) Ne reculant devant aucun sacrifice, ami lecteur, pour t’apporter le maximum d’informations pertinentes et essentielles, sache donc qu’un cocktail martini n’est pas un cocktail à base du célèbre vermouth italien mais un cocktail labelé « élégant » et servit dans un verre de forme conique et à pied… Sache enfin que le Dirty Martini est un dérivé du Dry Martini (celui de James Bond) et est cocktail à base de vodka, de vermouth dry et de jus d’olive verte….

Maeve Regan tome 4 et 5 – Marika Gallman

 maeve-regan,-tome-4-----pleines-dents-4428043-250-400maeve-regan,-tome-5---sur-les-dents-408305-250-400Bon ben voilà. Je pleure au cinéma, je pleure devant ma télé mais je pleure aussi avec un bouquin à la main. Un bon bouquin, un de ceux que tu lâches avec difficulté, qui s’ancre dans ton esprit, qui se rappellera à ton souvenir au moment où tu t’y attends pas dans les journées qui suivent la fermeture de la couverture.

J’ai eu ma larme en quittant Maeve. Enfin j’en ai eu plus d’une. C’est pas tant du fait du récit que du fait de quitter des personnages auxquels je me suis tellement attachée. Ouaip, on peut avoir de vrais sentiments pour les amis de papier.

Que vous dire sur la fin de la série? Qu’elle est géniale? Que Maeve en prend encore plein la tronche mais que jamais, jamais elle ne cédera? Que la voir « grandir » a été un privilège? Que Marika Gallman m’aura torturée jusqu’au bout, tenue en haleine, fichue en rogne, attendrie, fait rire, fait plaisir? Que je lui en veux à mort que la série n’est que 5 tomes alors que je trouve ça courageux et intègre pour un auteur de s’en tenir à son plan de départ et de ne pas céder aux sirènes du succès?!

Oui, dire au revoir à Maeve a été difficile, mais je connais un moyen pour Marika Gallman de se racheter à mes yeux…. Continuer à écrire! Vite!

Brothers Sinister – Courtney Milan

courneyCet article va commencer par un coup de gueule, né d’une incompréhension totale de ma part : comment se fait-il que Courtney Milan, une des plus grandes auteures de romance historique du moment (voire à mes yeux la plus grande avec Sherry Thomas) ne soit pas traduite en France par une maison d’édition, là où beaucoup se contentent de rééditions?! A tel point que Courtney Milan publie son roman The governess affair, pré-quel de la série Brothers Sinister , grâce à une traduction française à compte d’auteur?! Non, vraiment, je ne ne comprends pas.

Alors que cette série ne fait qu’aligner joyaux après joyaux!

The governess affair, une nouvelle magistrale, avec Serena Barton, une femme hors du commun, gouvernante renvoyée pour cause de grossesse, qui se bat pour faire reconnaître le doit de son enfant à venir à un avenir meilleur que celui réservé à un bâtard d’aristocrate, et qui se refuse à abandonner tant que sa dignité mise à mal par le duc de Clermont, qui l’a violée, ne lui est pas rendue. Et le moyen formidable qu’elle a trouvé de protester est original : elle reste là, sur un banc, chaque jour qui passe, devant la demeure londonienne de Clermont, silencieuse, digne, mais incontournable. Clermont, lâche et veule, se décharge de sa responsabilité sur son intendant, Hugo Marshall, connu sous le sobriquet du loup de Clermont, un homme d’origine modeste, ancien pugiliste, qui forge son destin à la force de sa volonté, et qui a parié avec de duc une fortune contre son travail pendant un an et la promesse de remettre en ordre en un an le désastre financier que le duc a crée. Serena et Hugo s’affrontent donc, car la présence seule de Serena a conduit au départ de la jeune duchesse à peine épousée, dont le père a suspendu le versement de la rente allouée au moment du mariage, versement qui a été lié au bonheur que devait trouver la duchesse dans sa vie de femme mariée. Comment Hugo va-t-il gérer la menace sur sa future fortune? Serena obtiendra-t-elle réparation?
Je ne vous spoile pas en vous révélant que quelques années plus tard, le fils de Serena et le fils légitime du duc se rencontreront et décideront de devenir des frères. Liés par le sang, certes, mais surtout liés par l’amitié.

Ce qui nous mène à la série en elle-même: nous retrouvons les frères adultes – façon élargie, car Sinister est un surnom donné à plusieurs camarades d’école dont la particularité était d’être gauchers – dont font partie Robert Blaisdell, Duc de Clermont (le fils légitime), Oliver Marshall (le bâtard, là aussi je ne spoile pas, c’est dans la quatrième de couverture), et Sebastian Malheur, leur cousin.
L’originalité de la série, c’est qu’elle n’a plus comme cadre historique la période régence, mais le début de la période victorienne, celle de l’explosion de l’industrialisation, des idées politiques émergentes qui parlent de la masse laborieuse, des progrès de la médecine, de l’idée de l’hygiène, une période bouillonnement des idées et des sciences qui se télescope avec la misère de cette classe sociale qui prend forme, celle des ouvriers. bref, le contexte historico-politico-social est remarquablement transcrit et maîtrisé. Elle pose à chaque fois le douloureux problème de l’identité, de la reconnaissance par la société de l’individu, que ce soit par le contexte évoqué que par l’histoire de chaque protagonistes de cette série.

The duchess war s’inscrit totalement dans ce contexte. Robert Blaisdell, Duc de Clermont, a une conscience sociale et politique. Née du mépris pour ce père honnis qui l’a engendré, il cherche à racheter les fautes de feu le duc de Clermont. C’est pour cela qu’il se rend dans le Leiceister, où il possède une usine, où son père a lamentablement exploité les ouvriers. C’est un radical, c’est à dire un de ces fous de progressistes qui pense que le gouvernement se doit de légiférer pour le bonheur du peuple, et se positionne pour l’abolition de la pairie. Mais il ne peut s’afficher en tant que tel, c’est donc de façon anonyme qu’il rédige des pamphlets capables d’enflammer les ouvriers et de provoquer une grève.
Il croise le chemin de la mal fagotée petite souris de province qu’est Wilhelmina Pursling. Elle a compris qui se cache derrière ces pamphlets, et est en colère. Elle craint les emeutes, les arrestations, et le potentiel bain de sang que pourrait entrainer une grève, elle qui assiste au quotidien les ouvriers grâce à différents comités de bienfaisance.
Bien ennuyé d’être découvert, mais fasciné par cette jeune femme tout feu tout flammes engoncées dans ses robes austères et cachées derrières ses lunettes, il se rendra compte qu’il n’est pas le seul à cacher des secrets…
C’est donc leur rencontre, leurs affrontements, et leur rapprochement sur fond de contestation sociale qui font le sel de cette histoire à la fois grave et légère, complexe et pleine d’intensité.

The hereiss effect se concentre sur l’histoire de son frère, Oliver Marshall dont le chemin va croiser celui de Jane Fairfield. autant vous le dire tout de suite, j’ai littéralement a-do-ré ce livre. Ce couple est touchant, leur histoire m’a fait palpiter le cœur, il y a une scène particulièrement déchirante qui m’a retournée. Bref, du grand art.
Jane est une héritière, du genre très riche héritière. Malheureusement, cette fortune lui échoit par le biais d’un homme qui n’est pas son père… mais son probable géniteur.  Ce qui pose problème à son oncle, moralisateur, réprobateur, pour qui elle est l’incarnation du péché. Problème d’autant plus grand qu’il veut la marier au plus vite, pour s’en débarrasser, mais ce pedigree est bien gênant. Car sa nièce se montre incroyablement… maladroite. Dans ses propos inconsidérés, dans sa façon d’être, genre éléphant dans un magasin de porcelaine. Elle n’est franchement pas dans le Ton. Et à raison : Jane ne veux pas se marier, elle veut rester auprès de sa sœur, à la santé fragile, jusqu’à ce qu’elle soit majeure et puisse quitter cet oncle malveillant à force de volonté de conformisme.
Mais Jane, lors d’une soirée à laquelle assiste Oliver, indispose la personne qu’il ne faut pas. Ivre de rage, cet influent membre du parlement propose à Oliver un contrat qu’il devra signer du sang de sa conscience : humilier publiquement Jane contre l’assurance du vote de plusieurs membres du parlement en faveur d’une proposition de loi qu’Oliver tente de faire passer. Ces voix lui donnent l’assurance de voir son projet aboutir…
Car Oliver est ce qu’on pourrait appeler une éminence grise. Dans la mouvance politique de son frère Robert, il accumule depuis des années, avec discrétion mais acharnement, le soutien des hommes de pouvoir, pour fléchir la marche des réformes à entreprendre.Tourmenté depuis toujours par son double statut – fils illégitime de, fils élevé par – il peine à trouver sa place dans la société, ce qui fait le moteur essentiel de sa volonté de réussir et d’influencer le destin du plus grand nombre.
Tous deux se débattent donc avec leur illégitimité, leur place dans la société, le fait de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas (elle pour une imbécile alors qu’elle est d’une finesse incroyable dans son double jeu, lui pour un homme serein et discret alors que les passions l’agitent), et les sentiments qui les portent l’un vers l’autre.
Comment vont-ils se sortir de tout cela? C’est avec brio, sensibilité et justesse que Courtney Milan emmène nos deux écorchés vifs jusqu’à la résolution de cette histoire.

Nous en arrivons donc au troisième tome de cette série, mais pas dernier car pour l’instant Courtney Milan annonce encore deux tomes à venir.
The countness conspiracy prend pour cadre cette fois-ci les évolutions scientifiques du 19ème siècle. Et quand on parle évolution… Sebastian Malheur fait scandale. Les femmes choquées défaillent autour de lui, les hommes furieux l’injurient. Non pas pour son sourire ravageur, sa beauté insolente, son esprit brillant ou ses nombreuses conquètes. Non. Sebastian est un scientifique de renom contesté qui ose, oh scandale ultime, parler de reproduction botanique en public. Et se targue d’expliquer scientifiquement l’évolution là où l’oeuvre de Dieu se doit d’être incontestable.
Mais Sebastian est fatigué, à bout. De l’adulation, de la réprobation et de la célébrité. Et de son secret. Ou plutôt de leur secret. Car les théories développées en public par Sebastian ne sont pas les siennes, mais celles de Violet Waterfield, comtesse de Cambury, « frère sinister » de par sa fréquentation du groupe des trois garçons lors de sa jeunesse. Violet est affolée: si Sebastian ne porte pas sa voix en public, s’en est fini de ses recherches scientifiques, auxquelles elle a tout consacré. Sa vie s’effondrerait. Pour la deuxième fois. Mal mariée à dix-huit ans à peine, à un aristocrate si obsédé par sa postérité qu’il en viendra même à mettre la vie de sa jeune femme en danger, Violet s’est étiolée, épuisée moralement et physiquement. Sa seule raison de vivre, ce sont ses recherches, dans un monde où les femmes n’ont pas accès aux postes d’enseignement, et où les théories quelle développe sont considérées comme scandaleuses, impropre à son sexe, et même à la limite de l’éréthisme.
Lentement, Courtney Milan effeuille leur relation : leur passé commun ou respectif, l’amour pour Violet que Sebastian porte en secret et depuis toujours, leur présent, la façon dont chacun aspire à la respectabilité, à la tranquillité. sebastian est lumineux, Violet n’est qu’ombres, et pourtant…

Bref, de la grande, très grande romance historique que je vous recommande chaudement.

LUENVO2014