Koi Kaze

2043__anime_cover Parler de Koi Kaze (prononcer koille kazé), c’est parler d’un sujet éminemment sensible, celui de l’inceste. Ici, c’est un inceste frère/sœur.

Koshiro Saeki est un jeune homme de 27 ans qui a un travail de base dans une agence matrimoniale.
Nanoka Kohinata est une jeune fille de 15 ans qui va au lycée.

Un matin, Koshiro remarque cette jeune fille dans le train. Elle perd son passe de l’école, il le ramasse, et fait ainsi sa connaissance.
Ce soir là, son père, avec qui il vit, lui annonce que sa petite sœur, avec qui ils ont à peine vécu avant le divorce des parents, va venir vivre avec eux.
Le lendemain, Nanoka se trouve devant l’agence de Koshiro. Il vient de recevoir des entrées pour un parc d’attraction tout proche et ne sait qu’en faire. Il décide d’inviter la jeune fille à y aller.
Dans la grande roue, ils échangent sur leurs histoires d’amour passées. Lui vient de rompre avec une femme et s’est rendu compte qu’il n’était jamais vraiment tombé amoureux. Elle s’est rendue compte qu’elle s’était abîmée dans une relation à sens unique avec un camarade de classe au collège.
Ces deux là éprouvent une forte attirance pour l’autre… mais alors qu’ils sortent du parc d’attraction,  un homme s’approche. Nanoka attendait son père, Koshiro reconnait le sien… Ils sont donc frères et sœurs. Les voilà donc en train de cohabiter… et ne savent pas comment gérer la situation.

koiscan3.sizedOn suit surtout les errances psychologiques de Koshiro, totalement dépassé, persuadé qu’il est un monstre, se demandant comment se sortir de là… Un peu moins Nanoka, qui reste plus mystérieuse à mes yeux, jusqu’au moment où son frère, n’arrivant plus à gérer sa passion, décide de déménager pour ne pas succomber. Là elle dévoile ses vrais sentiments, et surtout une inébranlable volonté : celle d’aimer son « frère » comme un homme.

Cette histoire illustre des leviers littéraires japonais : l’inceste, les frères et sœurs qui ne sont pas élevés ensemble, le nom de famille de la jeune fille a été changé, une relation adulte/jeune fille…

 Il faut donc que je vous donne mon avis : j’ai aimé cette série. Presque malgré moi car le sujet est hautement sensible.

Pourtant on s’attache aux deux protagonistes, parce que ce n’est facile ni pour l’un, ni pour l’autre, qu’ils passent leur temps à essayer d’échapper à cette histoire. La narration prend tumblr_lhlc110dmg1qaom9go1_500son temps, distille des indices ça et là sur ce qu’ils éprouvent réellement,  ça reste très pudique. Il y a une délicatesse dans cette œuvre que je n’ai pas retrouvée ailleurs sur le même sujet. Et est venu le moment où je me suis dit « oh puis zut ! Ils s’aiment ! », ce qui a profondément perturbé mon schéma de pensée ! j’ai vu cette série il y a 10 ans, je l’ai revue pour cet article, et je me suis fait avoir les deux fois. Peut-être parce qu’ils n’ont pas du tout été élevés ensemble. Ils ont été élevés dans l’absence totale de l’autre, celui qui n’existait plus du fait de la séparation. Ils se rencontrent par hasard, et s’ils n’avaient pas été frères et sœurs, cette histoire d’amour aurait pu sembler commune. Peut-être parce que c’est Nanoka qui fait bouger les choses : elle sort du statut de victime potentielle pour entrer dans celui d’actrice de sa vie.

 Bref je m’interroge encore sur le fait que j’ai aimé… Nous nous interrogerons peut-être ensemble ?

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The big Bang Theory

BigBangTheorySérie comique
en cours de production

Leonard
Raj, did you ever tell your sister about the time Sheldon got punched by Bill Gates?
Raj, as-tu jamais raconté à ta soeur la fois où Sheldon s’est fait frapper par Bill Gates ?

Priya :
Oh, God, you’re kidding.
On mon Dieu, tu plaisantes !

Leonard :
Nope. gave a speech at the university. Sheldon went up to him afterwards and said, « Maybe if you weren’t so distracted by sick children in Africa, you could have put a little more thought into Windows Vista. » Bam! Right in the nose!
Nan. Il est venu faire une conférence à l’université. Sheldon est ensuite allé le voir et lui a dit « Si vous n’aviez pas été si distrait par les enfants malades d’Afrique, vous auriez pu vous concentrer un peu plus Windows Vista. »  Et pan! En plein dans le nez!

  Episode 17 saison 4
traduction : ma pomme

Penny (en plein essayage de robes sexy) :
What do you think?

Et ça ?

Amy :
That should display enough of your bosom to attract a new mate, or a hungry infant.
Ça découvre suffisamment tes seins pour attirer un mâle, ou un nourrisson affamé.

Episode 17 saison 4
traduction : ma pomme

Une série découverte grâce à S. qui avait mis un commentaire sur son Facebook. Sois-en encore remerciée !!

C’est l’histoire de deux colocataires et amis, Leonard Hofstadter, un physicien expérimental, et Sheldon Cooper, un physicien théorique, qui voient un jour s’installer dans l’appartement sur le pallier Penny, actrice qui ne trouve pas de rôle et travaille donc comme serveuse, fille jolie et délurée. Les deux colocataires sont des cerveaux, elle n’a pas fini le lycée. Les garçons sont des geek, elle passe ses soirées à sortir.

Léonard est sous le charme… Et invite Penny à venir les rejoindre pour manger, et lui présenter les deux autres membres de la bande de potes, à savoir Howard Wolowitz et Rajesh Koothrappali, qui sont aussi leurs collègues. Evidemment, la confrontation entre la serveuse un brin superficielle et les quatre cerveaux totalement inadaptés à la vie courante entraine quiproquos et situations comiques.

Les personnages sont totalement stéréotypés, ce qui fait le charme de la série.

Les garçons sont des ados attardés, se chamaillant pour savoir qui de Babylon 5 ou de Star Trek est la meilleure série de SF, se rendant à des concours de costumes de personnages de comics books, jouent à des jeux vidéos (et j’en passe !) et ne savent pas comment se comporter avec une jolie fille. Régulièrement ils s’engagent dans des grandes discussions scientifiques et s’emballent dans leurs propos. Penny les regarde comme si elle venait de rencontrer des extra-terrestres. Coeur d’artichaut et pas froid aux yeux, c’est une fille qui vient d’un bled paumée de l’Ohama en espérant faire carrière à Hollywood et qui doit se contenter de rôle minables et de son travail de serveuse.

 Sans-titre-2Léonard est timide qu’il en peu plus, mais finalement le plus « normal de la bande ».

Penny est superficielle, fauchée, et ne comprends pas la moitié de ce que les garçons racontent. (enfin, au départ…)

 Howard porte un faux col-roulé sous toutes ses chemises, a la drague la plus nulle qui soit (graveleuse et toujours à contretemps), vit avec sa mère (juive) avec il entretien une relation totalement tordue, et se plait à croire qu’il est un play-boy. Il est ingénieur, le seul à ne pas être docteur en quelque chose, ce que Sheldon adore souligner.

 Raj est pathologiquement incapable de parler en présence d’une femme. L’alcool lui délie la langue, mais fait de lui un mufle patenté. Son accent est à couper au couteau, et il a parfois des incompréhensions culturelles hilarantes.

 Sheldon est, comme il se plait à le rappeler, un génie d’un QI supérieur à Einstein. Mais c’est aussi un être incapable de comprendre les émotions et les sous-entendus (il fait penser à quelqu’un souffrant du syndrome d’Asperger), donc en total décalage avec le monde qui l’entoure ; ce qu’il l’amène à proférer des horreurs sur/à des gens car il n’a aucun empathie.  Il souffre aussi de tocs et tyrannise tout son entourage avec son emploi du temps immuable, sa peur des microbes, et son obstination à avoir sa place à lui sur le canapé (et là aussi j’en passe !). Il a toujours une anecdote très savante à donner sur tout.(Oui c’est mon chouchou 🙂 )

Cette série est excellente ; c’est la sitcom typique comme seuls les américains peuvent en créer. Format très court (20 mn), une phrase percutante toute les 10 secondes, des situations à mourir de rire et  une valse amoureuse entre Penny et Léonard. Ça fait mouche, et ça donne la pêche !

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Elle s’appelait Sarah

affiche-sarahElle s’appelait Sarah
Drame historique
Adapté de Elle s’appelait Sarah écrit par Tatiana de Rosnay
Réalisation Gilles Paquet-Brenn
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Avec: Kristin Scott Thomas (Julia Jarmond), Mélusine Mayance (Sarah), Niels Arestrup (Jules Dufaure), Aidan Quinn (William Rainsferd)

Le film est sorti l’année dernière mais le DVD vient de sortir et je ne peux m’empêcher de vous en parler.

Voici le résumé de la FNAC (c’est bien fait, donc je copie) :
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.
Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.

Destins croisés de cette petite fille dans la tourmente de l’histoire et de cette femme à un tournant de sa vie, on passe de l’histoire de l’une à l’histoire de l’autre, frustrés  sur le moment de ne pas en savoir plus sur l’une mais avide de savoir ce qui suit pour l’autre.  Tout au long du film on veut savoir, on redoute de savoir, on espère savoir… et on est surpris.

Kristin Scott Thomas est tout simplement magnifique, forte et fragile à la fois, totalement investie par cette enquête qui l’amène vers un secret de famille (celle de son époux); Mélusine Mayance est formidable dans ce rôle vraiment pas évident pour une petite fille; Niels Arestrup est  tout en pudeur, en retenue et en puissance.

La reconstitution de la rafle du Vél D’hiv est magistrale, ainsi que celle de Drancy. Très vite, je ne me suis plus sentie spectatrice. J’y étais, je sentais ces odeurs de peur, de saleté, de promiscuité, cette chaleur étouffante, j’ai ressenti une angoisse terrible et j’ai commencé à pleurer pour ne m’arrêter que 10 mn après la fin du film. Je sais que le film a été parfois critiqué sur le thème « c’est facile de faire pleurer dans les chaumières avec ce genre de sujet ». Pour ma part, j’ai trouvé que le ton était juste.

Je suis restée sous le choc du film et je ne me résous pas à lire le livre de Tatiana de Rosnay car je suppose que la puissance des mots me chamboulerait tout autant et je n’y suis pas encore prête.

En dehors de l’histoire qui est à la fois belle et épouvantable, formidablement bien écrite, la réalisation toute en retenue fait de ce film une pièce de plus au devoir de mémoire. Parfois une fiction apporte tout autant qu’un témoignage.

Battlestar Galactica

battlestar-galactica-last-supper-2008

 science-fiction
73 épisodes, créée par Ronald D. Moore

 Oui, je sais, je ressors une vieillerie 🙂 Mais attendez que je vous parle de « Star Trek » (teasing de la mort, isn’t it?)

 Battlestar Galactica est une des meilleures séries de SF à ce jour. Et si je le dis, c’est que c’est vrai.

 Le pitch (copié sur wikipédia, c’est bien fait)
Les cylons, robots humanoïdes créés par les humains et dont ils sont devenus les ennemis jurés, ont complètement disparu de l’univers connu depuis la signature d’une trêve une quarantaine d’années plus tôt. Durant ce répit, les humains ont reconstruit leurs mondes (les Douze Colonies), créant de nouveaux vaisseaux et vivant désormais dans une certaine insouciance du passé. Le vieux battlestar Galactica, qui a rendu de fiers services lors de la première guerre contre les cylons, est sur le point d’être démilitarisé et transformé en musée.
C’est le moment que choisissent les cylons pour réapparaître, dotés de nouvelles technologies qui leur permettent de ravager à nouveau les douze colonies humaines. Protégé des virus informatiques ennemis par son obsolescence, seul l’antique Galactica parvient à résister à l’attaque et devient ainsi l’unique escorte militaire d’une flotte spatiale hétéroclite regroupant les derniers survivants de l’humanité. Afin de se donner un nouvel espoir, la flotte de réfugiés part alors en quête d’une mythique treizième colonie qui porterait le nom de « Terre » tandis que les cylons se lancent à leur poursuite, déterminés à les exterminer.

 Bon évidemment, il y a des combats de vaisseaux entre les méchants et les gentils, des histoires d’amour, de haine et de vengeance, des affreux pas beaux robots qui font peur…
Mais (et ce mais est plus qu’important) il y a tellement plus !

L’histoire, l’univers développés sont cohérents, bien pensés. Le début et la fin étaient posés dès le départ, et les digressions de la trame principale ont toutes un but précis.
Les personnages ne sont pas caricaturaux. Ils évoluent constamment,  à travers les épreuves, les doutes. Ils sont attachants ou haïssables à la fois, complexes; ils ne sont pas ce qu’on pense d’eux au départ. Personne ne tire son épingle du jeu. Les acteurs sont bons, ça ne gâche rien.
Cette série foisonne de thèmes qui poussent à réflexion : quelle est le prix du sauvetage de l’humanité ? Comment garder une structure sociale dans un tel chaos ? Quid du libre-arbitre ? Comment émerge une religion monothéiste au milieu d’une religion polythéiste ? Quel est le rôle de la foi, de la science ?
Mention spéciale pour le personnage du Commandant Adama, remarquablement interprété par Edward James Olmos, qui est celui qui m’a le plus touché, par son intensité et son questionnement.

Cette série est sombre, « réaliste », franchement adulte et terriblement humaine.