Castles Ever After [01] Romancing the Duke – Tessa Dare

18052985Présentation de l’éditeur : (traduit par ma pomme):
Dans le premier tome de la captivante série de Tessa Dare, Castles Ever After , une mystérieuse forteresse est le cadre d’ un amour improbable. . .
En tant que fille d’un célèbre auteur , Isolde Ophelia Goodnight a grandi avec des histoires de chevaliers courageux et de damoiselles. La romance fera partie intégrante de son avenir à elle aussi, elle n’en doutait pas. Les histoires offraient d’infinies possibilités.
Mais à mesure qu’elle grandissait , Izzy les a biffées . Une par un par une.
Vilain petit canard transformé cygne ?
Enlevé par un beau brigand ?
Sauvée de la corvée par un prince charmant ?
Non, non , et … Heh .
A présent, Izzy a abandonné toute aspiration à la romance. Elle se contenterait d’un toit au-dessus de la tête.
Quel conte de fées reste-t-il à une femme de 26 ans, indigente, qui n’a même jamais été embrassée ?

Celui-ci.

Isolde Ophelia Goodnight est la fille de Sir Goodnight, célèbre écrivain d’une série pour enfants dont le cadre se passe dans un Moyen-Âge fantasmé de l’amour courtois, des chevaliers à la blanche armure, et des fêlons au cœur noir.
Tous les tomes commence par l’évocation d’Izzy, petite fille qui n’arrive pas à dormir dans sa chambre au plafond décoré d’étoiles et dont le père aimant va lui raconter une histoire chaque soir.
Mais la réalité n’est pas la fiction. Père absent, totalement immergé dans l’écriture et dans l’adulation de ses fans, il décède brutalement, laissant sa fille, qui lui a servit de secrétaire depuis longtemps, sans le sou puisqu’il n’a pas pensé à rédiger de testament. Il lui laisse toutefois un héritage moral pesant, la fascination et l’adoration de milliers de lecteurs, dont une partie s’est tellement investie dans le monde imaginaire De Sir Goodnight qu’elle ne fait plus la part des choses entre imaginaire et réalité, assimilant Izzy à la petite fille du livre, ne la voyant pas grandir, lui offrant des cadeaux aberrants tel qu’une hermine, une sale bête qui refuse de se laisser apprivoiser, parce que dans le livre…
Indigente, banale et désespérée, Izzy apprend une nouvelle incroyable : son parrain lui laisse en legs un château.
Ne faisant ni une, ni deux, elle s’embarque vers le Northumberland pour le château Gosley, sa nouvelle demeure.
Un seul hic: le détenteur précédent du château, avant que le parrain n’acquière le dit château, n’est pas mort…
Et Ransom William Dacre Vane, le onzième Duc de Rothbury, ne comprend absolument pas pourquoi cette jeune femme débarque dans sa vie, son chez lui, revendiquant la propriété du fief ancestral de sa famille. Emporté, méfiant et autoritaire, Ransom n’a rien pour plaire.
A sa décharge, Izzy ignore tout du Duc, qui, blessé sept mois auparavant lors d’un duel, a perdu la vue et se terre à Gosley, un château totalement délabré et pratiquement vide de meubles, peuplé par une myriade de chauve-souris.
Izzy veut rester, Ransom veut la faire partir. Mais il faut comprendre comment ils en sont arrivés là, et la seule façon de le faire est d’explorer la correspondance de Rothbury. Izzy propose donc un marché: elle reste au château comme secrétaire tant que cette correspondance n’a pas été lue. Ransom accepte, persuadé qu’il pourra bientôt la chasser de ses terres…

Une héroïne pleine de bon sens et de gaité, forte, qui fait face à son statut d’icône littéraire avec gentillesse, un héro ombrageux, affaibli par son handicap, rongé par l’orgueil, dépassé par la personnalité d’Izzy, en qui il finira par ne « voir » que beauté, un sombre complot pour spolier le Duc, l’intervention farfelue mais généreuse des fans de Sir Goodnight, un rebondissement (auquel j’avoue avoir pensé assez vite dans ma lecture), voilà les ingrédients d’une charmante histoire, très drôle, mais qui pose une vraie question sur la célébrité.

A venir sur le blog…

Grâce au Festival du roman féminin, j’ai eu la chance d’emporter avec moi pleins de livres dédicacés. Je vais donc me faire un plaisir de vous les bloguer dans les semaines à venir. J’aurais le plaisir d’ajouter ce logo à chaque chronique!20150901Et je commencerai par Katharine Ashe… Pour une fois je ferais consensus, car il est aussi traduit en français!

La série Maiden Lane vue par Elizabeth Hoyt

1x1_lilacPourquoi avoir situé la série lors de la période Géorgienne (1714-1830), plus exactement vers 1730-1740?
Par naïveté! Une envie d’écrire sur une période différente de la Régence, déjà très prisée.
C’est une époque marquée par de très grandes différences entre riches et pauvres, l’apparition d’une première addiction de masse (le gin), et en même temps une époque formidable de développement des sciences et de la philosophie.

Le gin, parlons-en. [*]
C’est un des premiers alcools forts. Il est obtenu par distillation d’une base de fermentation alcoolique d’un malt (orge, seigle, maïs) parfumé aux baies de genévrier. Cet alcool pouvait titrer jusqu’à 50 degrés. Avant, on buvait principalement de la bière coupée d’eau (sachant qu’à Londres, l’eau venait des égouts). Il a même été prohibé entre 1736 et 1742 au vu des ravages faits dans la population. Il permet aussi d’écouler les récoltes de grains de mauvaises qualité.
Elizabeth a parlé de son grand intérêt de l’impact de cette boisson sur la population de Londres. Elle explique qu’alors Londres était la plus grande métropole mondiale, avec un taux de mortalité effrayant mais qui était tout de même absorbé par la migration vers la capitale anglaise. Elle explique aussi qu’un grand débat, qui durera 40 ans environ, secouera la classe dirigeante et politique. En effet, au début de la production du gin, les aristocrates et les propriétaires terriens (souvent les mêmes) pouvaient vendre des récoltes de mauvaise qualité et trouver là donc un marché très intéressant pour leurs produits. Puis les classes dirigeantes s’inquiètent : la main d’œuvre se saoule plutôt que de manger, et ne peut plus travailler vu son addiction. Se pose alors la question de la régulation de la production et de la consommation du gin.
Elizabeth donne comme exemple retentissant qui a bouleversé l’opinion de l’époque le cas d’un mère infanticide, qui avait placé son enfant de 18 mois dans une maison des pauvres, puis l’avait repris avec elle et l’avait tué afin de récupérer les vêtements donnés à l’enfant pour pouvoir les vendre et se procurer du gin.
Elizabeth évoque aussi cette gravure : une mère saoule en train d’allaiter qui laisse tomber son enfant dans la rue. hes_0752-5702_1988_num_7_4_T1_0466_0000
Pourquoi cette invention du Fantôme de Saint Jean?
Très jeune Elizabeth a lu Sacramouche, vu des films de capes et d’épée, de pirates… Et dévoré des comics (Batman, Conan le Barbare, Spiderman, iron Man…). Elle aime les héros sombres et ombrageux. Batman lui plaisait beaucoup : riche, beau, célèbre… mais très traumatisé!
Elizabeth s’est inspirée de la légende urbaine du Spring-heeled Jack (plus tardive que la période du livre, première description en 1837), un être à l’aspect diabolique, avec de grandes griffes, des yeux rouges qui flamboient dans la nuit, faisant des bons d’une hauteur invraisemblable pour s’attaquer à ses victimes ou s’échapper en riant de façon stridente.

Comment est constituée la série?
La série est constitué de 4 arcs distincts, qu’elle perçoit comme des trilogies :
1 – 3 :    les livres sont centrés sur les ravages du gin, et sur les orphelins.
4 – 6 :    les livres sont centrés sur le Fantôme.
7 – 9 :    les livres sont centrés sur les Harte folies, un parc d’attraction (jardins à thèmes, feux d’artifices, opéra, théâtre,
danse…) [**]

10-12 : Scoop! Spoiler! les livres sont centrés sur une société secrète malfaisante qu’il faut détruire.

Et le prochain livre autour de Montgomery, Duke of Sin?
Il ne faudra pas s’attendre à une rédemption totale de Montgomery. Il est profondément amoral, auto-centré, prêt à exploiter n’importe quelle information à son profit. Oui mais, il va rencontrer l’amour… Qui sait comment il va évoluer?

hoyt[*] je vous recommande la lecture de cet article assez court et passionnant : La bataille du gin en Angleterre dans la première moitié du XVIIe siècle, de Susy Halimi, Halimi Suzy. La bataille du gin en Angleterre dans la première moitié du XVIIIe siècle. In: Histoire, économie et société, 1988, 7ᵉ année, n°4. Toxicomanies : alcool, tabac, drogue. pp. 461-473.

[**] Le dit Harte folies m’ayant fortement fait pensé aux jardins de Tivoli de Copenhague, qui commémorent bien l’esprit des Vauxhall

Festival du Roman Féminin

facebook_banniereIl me fallait un peu de temps pour « digérer » ce premier festival du roman féminin qui s’est déroulé le 20 et le 21 avril 2016. C’était tellement formidable que je suis ressortie là avec des paillettes plein les yeux et une licorne dans la tête 🙂

15 conférences, deux heures de dédicaces, et quelques jours de réflexion plus tard, voici le compte-rendu qui part dans tout les sens que je vous fait 🙂IMAG0250[1]

Au départ, l’idée était de profiter. Un premier festival du genre, des auteurs que je voulais rencontrer, j’ai décidé de poser des congés pour pouvoir participer. Bien m’en a pris, parce que pour y aller en transports en commun, je me suis levée deux jours de suite à 5h30, et couchée le premier soir vers 1h du matin 🙂

L’ambiance de ces deux jours était intense, j’avais décidé de suivre le maximum de conférences possibles, je n’ai pas pris de notes partout (j’aurais dû), et voilà quel fut mon choix :

Jeux d’histoire d’amour interactive : Is it love ?
très intéressante présentation d’un jeu sur mobile qui croise romance et jeu dont vous êtes le héro, premier du genre lancé par des français (cocorico!). Ils cherchent des auteurs pour ceux que ça intéresse…
Les mangas et la romance
un passionné qui parle de choses passionnantes, ça a donné une demi-heure de pur bonheur pour moi qui aime le manga. Leur apparition, les fixations des codes et des genres, l’émergence dès les années 70 de grandes dames du manga, une littérature qui n’est pas déconsidérée…
Le romantic suspense
Les blogs
Baaaad boys : Les méchants qui deviennent des héros
Où nous sommes arrivées à un consensus sur le fait que le Bad Boy, contrairement au méchant, est capable de rédemption. Et que c’est par ce que cette rédemption passe par l’amour et pour l’amour de l’héroïne, ça fait battre notre petit cœur de lectrice.IMAG0244[1]
L’évolution de la romance historique
Très intéressant (lol je me répète). On a parlé de l’évolution du genre, notamment de l’époque des années 70 où les auteurs anglo-saxonnes commence à aller au-delà « de la porte fermée » , du fait que les premières relations sexuelles décrites étaient souvent des scènes où le consentement de l’héroïne était ignoré par le héro (ce qui la laissait vertueuse?!).
L’héritage d’Angélique : rencontre avec Anne GolonannegolonUn moment plein d’émotion. Madame Golon a 94 ans, et quand elle parle de son Angélique et des recherches très poussées qu’elle a faite pour écrire sa saga, c’est avec une force et une passion qui sont confondantes.
Les cow-boys
La romance érotique et le BDSM
Écrire pour HQN
Gérer une série
IMG-20160421-WA0009[1]Ce qui nous plaît dans la Régence
La réponse est tout:)
La belle époque
La traduction
La série Maiden Lane.
Et là Tadaaaaa ! J’ai pris des notes à fond ! Article à venir !
La romance paranormale

Mais l’ambiance n’a pas été qu’intense : elle était sympathique et conviviale (les petits gâteaux étaient préparés par les organisatrices), chaleureuse, informelle (on pouvait croiser tout le monde dans les couloirs, dont les auteurs), le lieu était très bien choisi, et les sujets étaient tous passionnants.

J’ai eu le bonheur de discuter plus avant avec certains auteurs, toutes adorables:IMAG0240[1]Elizabeth Hoyt, la caustique, à qui j’ai bredouillé mon admiration, notamment en lui disant que j’adorais les contes qui débutaient chaque chapitre de ses livres,
Alyssa Alexander, l’émerveillée, qui se définit comme une jeune auteur, et qui a encore peine à croire en son succès et à la magie d’être invitée à Paris,
Loreleï James, la bonne copine, à qui j’ai dit « I love you » au lieu de « j’aime vos livres », ce qui l’a fait bien rire,
Julia London, la réservée, à qui j’ai expliquée avec une autre participante la frustration d’une française face à certaines traductions, et la différence entre les scènes de sexe en anglais et en français 😀 ,
Shelley Adina, la timide, à qui j’ai expliqué pourquoi la romance dite « inspirationnal » (romance chrétienne avec énormément de citations de la bible) ne marchait pas dans un pays qui a voté la séparation de l’église et de l’état et qui a vécu mai 68 😀 ,
Katharine Ashe, la passionnée marrante, avec qui j’ai partagé mes souvenirs de maîtrise sur la période médiévale qu’elle enseigne, au lieu de parler de ses bouquins :),IMAG0243[1]Tina Folsom, la coquine, qui vous explique avec l’œil qui frise que ses romans contiennent beaucoup de sexe, et qui quand vous lui répondez que ça vous va très bien, vous répond « alors vous aimerez ma première ligne » :D.

Et puis il y a eu le documentaire « Love between the covers », une immersion dans le monde de la romance aux USA, un documentaire extrêmement bien fait, très émouvant (je ne suis pas la seule avoir lâché une petite larme:)), instructif et respectueux.

Bref, ce premier festival a été une vraie réussite, et j’espère qu’il sera le premier d’une longue lignée:)

IMAG0252[1] En plus ont a été couvertes de cadeaux, merci encore !

Porn Star – Laurelin Paige et Sierra Simone

O-swxWl3fP4Vous le savez, parfois j’aime sortir un peu de ma zone de confort, pourvu qu’il y ait une HEA *… Et c’est ce que j’ai fait en lisant ce livre. Le sujet était intriguant : comment une star du porno peut-il vivre une histoire d’amour avec une collègue?
Je savais que j’allais avoir des scènes crues, du sexe ébouriffant, mais je ne m’attendais pas à ce livre.
Parce qu’il y a déjà deux personnages principaux qui sortent de l’ordinaire : Logan, homme star du porno acteur, mais aussi metteur en scène et réalisateur, et qui est « un gros caramel mou » à l’intérieur, ce qu’il essaye de cacher; et Devi, fille bien dans son corps, éduquée par des parents plus hippies tu meurs, qui commence à faire son chemin dans le porno lesbien.
Ils partagent la même vision de leur métier : un métier hors norme, qu’ils voudraient totalement propre [consentements éclairés des participant(e)s, conditions de travail sérieuses et protégées, respect de la femme…] voire artistique.Ils ont partagé une scène ensemble il y a trois ans, et ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, et de fantasmer l’un sur l’autre.
Logan se remet difficilement d’une rupture amoureuse avec une autre star du porno qui l’a plaqué du jour au lendemain sans explication. Il recroise le chemin de Devi, et complétement perdu devant l’attirance qui existe entre eux, lui propose de travailler ensemble sur un projet de son inspiration : une fausse télé-réalité ou deux personnes se rencontrent, se séduisent, et font (beaucoup) l’amour. Évidemment, la frontière est plus que floue entre son désir réel et ce travail qu’ils commencent ensemble.. Pour tomber raide dingues de l’autre.
Il y a des choses intéressantes dans ce livre; les personnages sont bien campés, sensibles et intelligents. On a un survol de ce que peut être cette industrie, les bons comme les mauvais côtés. Les questions posées peuvent sembler bateau ( la relation au corps, au sexe, peut-on être amoureux et désirer/coucher avec d’autres, quid de la vie d’une porn star quand elle tombe amoureuse, de son travail?) mais les réponses apportées sont sensibles et bien argumentées.
Et  avec les très nombreuses (bonnes) scènes de sexe, il y a de l’amour fou, de la tendresse, du questionnement existentiel, une HEA* peut-être attendue mais qui ne fait pas (trop) dans l’angélisme…
Pour résumer, j’ai bien aimé, j’ai accroché à l’histoire et aux personnages, et c’est pas mal écrit, contente de ma lecture du coup :).

*HEA : « happily ever after », qu’on pourrait traduire par et ils « vécurent heureux pour toujours » 😀

Rokesbys [01] Because of Miss Bridgerton – Julia Quinn.

25657772 Comment lutter contre le plaisir d’un Julia Quinn? Parce que même un moins bon Julia Quinn c’est déjà un plaisir fou à lire. Mais quand le Julia Quinn est bon, vraiment, bon, excellent, là il n’y a plus photo…. Et c’est le cas de cet opus, qui m’a fait sourire, rire, couiner, bref qui a tous les ingrédients pour être un moment de lecture exceptionnel.

On est en 1779, et l’on rencontre la jeune Sybilla Bridgerton, Billie pour les intimes, 23 ans, garçon manqué, et accessoirement la future tante de tous les Bridgerton que nous avons tant aimé. Et ma foi elle est en très mauvaise posture, sur le toit d’une ferme abandonnée, dans la forêt, la cheville foulée, tout cela pour avoir voulu secourir un chat, alors qu’elle n’aime pas les chats… Et qui vient vers elle, lui laissant espérer le secours tant attendu? George Rokesby, le fils du comte voisin, son ennemi juré, celui avec qui elle se s’entend pas depuis l’enfance…
Car les Bridgertons et les Rokesbys sont les meilleurs amis du monde, se fréquentent assidument sans manières, et les enfants ont été élevés pratiquement ensemble, sauf pour George, plus âgé, qui n’a guère partagé leurs jeux.Fragonard_Confession_of_Love
De ce sauvetage à l’amour, il n’y a pas qu’un seul pas entre ces deux là, mais un trouble qui s’installe, une esquisse de sentiments, un rejet permanent de ce qui se passe, trop ahuris que cela se passe justement… Il y a les escarmouches verbales, les piques lancées, les regards en coin, l’observation méfiante…

Il y a Billie, forte personnalité, toute en explosivité, qui a endossé le rôle de premier-né au point de diriger le domaine de son père, qui découvre sa féminité latente avec surprise et appréhension, et George, le sérieux, le réservé, qui ne sait plus où donner de la tête quand il se rend compte que ce garçon manqué qu’il réprouve l’attire irrépressiblement…

Et puis il y a les rires, les frères, les sœurs, encore deux fratries très bien décrites et aimantes; il y a les mères, formidables personnages avec qui il faut compter pour le meilleur, une repas de famille intense, une partie de 27835258croquet redoutable, la vie…

Et moi qui ne cesse de me régaler, qui pense à Fragonard et à son œuvre, au marivaudage, au délices d’une lecture légère, brillante et qui ne manque pourtant pas de profondeur… Et qui découvre sur Goodreads cette alternative de la couverture, et se dit qu’effectivement, Fragonard n’est pas si loin que ça!

Bref, j’ai totalement adoré, je rêve de rencontrer Edward Rokesby, le soldat qui se bat aux colonies, de retrouver Andrew Rokesby, le frère facétieux qui fait carrière dans la Marine, de voir grandir les plus jeunes pour faire leur connaissance…

Vivement la suite!

Lost Lords of Pembrook [03] Lord of Wicked Intentions – Lorraine Heath

lord_of_wicked_intentions_by_lorraine_heath_0062093576Cela faisait un moment que je n’avais pas eu de coup de cœur pour un livre. Du coup je n’avais pas envie de bloguer. Mais Lorraine Heath a changé cela.
J’ai eu envie de lire ce troisième tome d’une trilogie et pas eu envie de lire les deux premiers. En ce moment, je suis capricieuse :). Sans rentrer dans les détails pour ne pas alourdir son récit, L. Heath en dit suffisamment pour qu’on puisse lire ce troisième opus en comprenant la trame de la trilogie.

Rafe Easton est le troisième lors perdu de Pembrook. A la mort de leur père, les trois enfants du comte de Keswick sont séquestrés par leur oncle qui a l’intention de les tuer pour hériter du comté. Ils réussissent à s’enfuir et se retrouvent dans une workhouse, ces terribles maisons de pauvres surpeuplées, crasseuses, où il faut travailler de façon exténuante tout en étant sous-alimenté. Les deux grands frères décident de poursuivre leur route, laissent derrière Rafe, age de dix ans, persuadés qu’il sera correctement traité. Ils se donnent rendez-vous dans dix ans…
10 ans plus tard, Rafe attends toute la nuit… Et ses frères n’arrivent pas.
C’est ainsi que s’ouvre le livre. Sur cette absence. Sur cette attente qui durera encore deux ans.
On sait très vite que l’aîné a été réinvestit dans ses droits, que l’oncle est décédé, et que les deux grands frères sont heureusement mariés. Ils ne veulent qu’une chose, se rapprocher de ce petit frère laissé en arrière.
Mais Rafe s’est blindé, ayant vécu sa jeunesse dans les bas-fonds de Londres, survivant en se mêlant à la pègre jusqu’à ce qu’il devienne le propriétaire d’une maison de jeu fréquentée par le beau monde, et grâce à son intelligence, un homme incroyable riche.

Evelyn Chambers est la fille illégitime mais bien aimée du comte de Wortham, qui meurt de maladie. Sur son lit de mort, il fait promette à Geoffrey, son fils légitime, plus vieux qu’Evelyn, de veiller sur elle., de pourvoir à ses besoins. Geoffrey promet… qu’elle aura ce qu’elle mérite.
Criblé de dettes, haineux envers cette sœur qu’on lui a toujours préféré, il décide de mettre la virginité de sa sœur aux enchères ,et d’en fait une courtisane malgré elle.
Naïve, surprotégée, Evelyn pense qu’il veut la marier à un de ses pairs.

C’est ainsi que Rafe croise le chemin d’Evelyn. Le nouveau lord Wortham lui doit de l’argent, beaucoup d’argent. Il veut lui démontrer qu’il pourra le rembourser et l’invite aux enchères ; Rafe est subjugué par Evelyn, même s’il ne se l’avoue pas, et la sauve de cette sordide soirée.
Evelyn ne sait pas qu’elle sort on lui réserve lorsque son frère l’emmène chez Rafe le lendemain : épouse ? Gouvernante ?
Elle découvre avec horreur que son rôle sera celui d’une maîtresse, à laquelle Rafe pose des limites bien précises : pas d’embrassades, pas de contacts physiques autres que ceux initiés par Rafe, et surtout, surtout, pas de sentiments… En contrepartie, il lui promet richesse, vengeance contre son frère, liberté quand il sera lassé d’elle, et plaisir physique.
Elle obtient de lui de ne pas se retrouver tout de suite dans son lit, décide qu’elle sera une bonne maîtresse, et qu’elle ne se contentera pas d’une relation aussi vide et creuse que celle qu’il veut lui imposer…

Deux beaux personnages.
Rafe est terrifié par les sentiments, marqué de façon indélébile par son passé, traumatisé au point de ne plus supporter aucune entrave, persuadé que l’homme qu’il est devenu ne peut-être que quitté, renfermé, pragmatique au point d’en devenir cruel.
Evelyn est une enfant aimé et surprotégée, abruptement mis en face des conséquences de sa naissance hors mariage, à la réalité d’une vie qui ne sera pas celle dont elle rêvait naïvement, (mari-enfants-belle maison), qui se relève, se découvre, s’épanouit. Une personnalité pure et désintéressée, un physique à damner les dieux, elle ne pouvait que toucher, troubler Rafe et mettre à bas les murs qu’il a construit soigneusement autour de son cœur.
Leur relation est parfaitement explorée, exploitée, et passionnante à suivre. Les personnages sont cohérents, bien construits. L’ histoire est solide. L’écriture est maîtrisée, avec une vraie sensibilité dans les sentiments et des très jolies scènes de sexe.
On apprécie de découvrir Rafe au fur et à mesure, et de voir Evelyn prendre sa destinée en main.

Bref, je me suis régalée.